J’avais l’oeil sur ce jeu depuis qu’il a été teasé pour la première fois au Japon, oui ça fait longtemps. J’avoue que j’étais complètement bait par le combo historique + présence d’Amatsuki qui chante l’opening.
Du coup pourquoi je n’y ai pas joué plus tôt ?
Eheh… (。•̀ᴗ-)✧
Tout est une histoire de timing, et là il s’avère que la version anglaise du jeu était disponible pour la modique somme de 8 dollars sur le nintendo store américain ! (oui… je me suis fait un compte NA pour profiter des soldes… Le rat, proche de l’homme).
Synopsis
15 ans après la révolte de Heiji durant laquelle le clan des Heike s’est hissé au sommet du pouvoir à Kyoto, terrassant ses rivaux, les Genji. Le bruit court que le dernier fils Genji, Shanao, vivrait dans les montagnes de Kurama avec des moines depuis sa tendre enfance. Sauf que… ce dernier fils, décrit comme un prodige du combat, est en fait une fille élevée comme un garçon dans le but d’honorer le nom des Genji. Bien que n’ayant elle-même pas le désir de faire revivre son clan, le destin va pousser Shanao dans ses rouages…
Prise en main
Fonctionalités
| Prénom par défaut prononcé | Oui |
| Visage de l’héroïne dans la boîte de dialogue | Oui + sprite (option ON/OFF pour la boîte de dialogue) |
| Héroïne doublée | Non |
| Animations | Lipsync et clingnement |
| Quick save/load | Oui |
| Jump à la décision suivante | Oui |
| Signalement visuel après prise de décision | Oui |
| Contenus bonus | Oui (fins alternatives accessibles depuis flowchart) |
| Route(s) bloquée(s) / ordre forcé | Non |
Système
Birushana est un visual novel Otome au système assez basique: les choix des routes communes vous orientent vers un des personnages. Toutes les décisions ont pour but d’augmenter l’affection du prétendant, ou d’augmenter les facteurs suivants: Force, Sagesse, Bonté. De bonnes stats vous assurent une Happy End; trop peu d’affection vous dirige vers une Tragic Love End (avec CGs); le jeu présente aussi quelques game over.



Une fois que vous avez fini une route, vous pouvez rejoindre n’importe quel chapitre en arrangeant les paramètres à votre guise depuis la flowchart. La flowchart permet aussi d’avoir accès aux « if » ends; des fins alternatives avec 4 personnages du cast secondaire.
Graphismes et sons
Pour moi, le charme de Birushana était surtout dans le dynamisme des scènes d’action, que ce soit pour les OSTs ou les graphismes. Les sprites sont assez nombreux et dynamiques. Il y a eu un vrai travail pour nous donner l’impression que les personnages se battent tout en restant dans un format strictement 2D. Le sprite de l’héroïne intervient aussi très souvent. En revanche je ne suis pas forcément convaincue par les CGs, non pas qu’elles soient moches: elles sont très jolies; mais certaines scènes ont des CGs alors qu’elles n’en méritaient pas vraiment; tandis que j’aurais aimé voir d’autres moments en CGs… Aussi les dessins ne semblent pas très homogènes; j’ai vu que sur VNDB Tana Khaki a été notée comme artiste pour « certaines CGs »… du coup les autres…?



Ordre recommandé
L’ordre recommandé officiel est le suivant: Noritsune > Benkei > Shungen > Yoritomo > Tomomori
Personnellement j’ai inversé Benkei et Shungen mais je présume que l’ordre officiel fait sens…? En tout cas finir par Tomomori est vraiment judicieux car c’est la route avec toutes les révélations.
Personnages
Shanao / Minamoto no Yoshitsune (prénom modifiable)

Notez que seul le prénom « Yoshitsune » est modifiable, avant sa cérémonie de genpuku l’héroïne se fera appeler Shanao dans tous les cas. Shanao est présentée comme étant la dernière héritière de Minamoto no Yoshitomo, épargnée de justesse à la naissance après la révolte de Heiji. Sa mère l’aurait confiée au temple de Kurama avec Shungen en ayant donné pour directive de l’élever comme un homme. C’est une jeune fille de 16 ans entraînée à l’art de la guerre. « Guerrier » hors pair, il s’avère qu’elle développe des facultés surhumaines lorsqu’elle est sous pression. (capacité plus ou moins traitée selon les routes). Au début de l’histoire, Shanao n’est qu’une jeune fille aux ambitions simples: elle n’a aucune envie de participer aux querelles entre Taira et Minamoto et souhaiterait simplement vivre une vie simple à la montagne. Malheureusement le destin en décidera autrement et Shanao finira par se forger une volonté de se battre pour ce qu’elle croit juste. C’est une bonne héroïne, droite, proactive et responsable. Elle est déchirée entre son désir de vivre une vie simple et paisible et sa responsabilité en tant que dernière enfant Minamoto. Outre une redoutable guerrière, c’est aussi une jeune fille qui aurait aimé recevoir l’amour d’une famille. C’est une héroïne que l’on peut à la fois admirer et compatir pour.
Taira no Noritsune (CV: Kawanishi Kengo)

Noritsune est un jeune guerrier Heike, neveu du chef des Taira. C’est un jeune homme impulsif et principalement motivé par l’envie de battre Shanao pour qui il entretient une rivalité à sens unique. Le défi qu’il impose à cette dernière au début du jeu pour capturer Benkei est en quelque sorte l’élément déclencheur de l’histoire. Bien qu’il semble égoïste au début, le personnage gagne rapidement en profondeur quand on comprend que ses motivations sont en fait des plus pures. Peu intéressé par les disputes entre Taira et Minamoto, Noritsune souhaite simplement se mesurer à Shanao de guerrier à guerrier. Il passe très rapidement d’antagoniste à rival cordiale obéissant à un code d’honneur rigoureux quand bien même il va à l’encontre des intérêts premiers de son clan. J’ai BEAUCOUP aimé ce personnage et sa dynamique avec l’héroïne. L’intérêt de Noritsune envers Shanao part d’un pur respect en tant que guerrier. La route donne vraiment l’impression que l’on suit 2 héros que tout semble opposer et qui finissent malgré tout par se retrouver l’un en l’autre. Noritsune est clairement ce personnage qui respecte l’héroïne avant tout en tant qu’individu, au-delà de son nom ou même de son genre. Un vrai guerrier. C’est un homme droit et honnête qui sait reconnaître ses torts; vraiment merci pour ce pain.
Shungen (CV: Saito Sôma)

Shungen est l’ami d’enfance de Shanao avec qui elle a grandi à Kurama. C’est aussi une des rares personnes à connaître son secret. Il est le fils d’un vassal du père de Shanao et transpose en quelque sorte la loyauté de son père envers les Minamoto sur Shanao… Enfin, c’est, évidemment, bien plus compliqué car la dévotion de Shungen envers Shanao est beaucoup plus personnelle. L’étroite proximité entre lui et l’héroïne fait que leur relation n’est pas celle d’une maîtresse et de son vassal, mais ce n’est pas non plus tout à fait un simple ami d’enfance. Shungen est un personnage appréciable surtout si vous êtes fan de l’archétype ami d’enfance/fidèle serviteur de l’héroïne. La romance fait sens, c’est assez facile étant donné que lui et l’héroïne ont déjà un lien très fort. Personnellement j’ai trouvé la route assez lourde. Cette romance dénotait totalement du ton de la route de Noritsune pour embrasser quelque chose de beaucoup plus conventionnel et, à titre personnel (mais ça n’engage que moi), je ne suis pas vraiment le public de ce genre de personnages.
Musashibou Benkei (CV: Umehara Yuuchirou)

Moine excommunié après avoir défié les Heike. Il semme la terreur à Kyoto en s’emparant des sabres des samouraïs Heike. C’est aussi l’objet du défi lancé par Noritsune à Shanao au début de l’histoire. Il devient très vite son allié et se fait même son tout premier vassal lorsqu’il apprend qu' »il » est un Minamoto, Benkei cherchant lui-même à mettre fin à la tyrannie des Taira. C’est un homme sincère, franc et têtu. Il s’impose presque comme serviteur et voue très rapidement à Shanao une loyauté et une dévotion sans faille du fait de sa grandeur d’âme et de sa force. La relation entre Benkei et Shanao évolue vers quelque chose de plus privilégié même si j’admet ne pas avoir été emballée par la romance pour plusieurs raisons: de 1 l’agegap, bien qu’il ne soit pas beaucoup mentionné et qu’on puisse mettre ça sous le dos du contexte historique, les comparaisons entre Benkei et ce que ferait un père en début de route c’est NON. De 2, la manière dont est géré le rapport maître/serviteur. Au début, Benkei idolâtre presque Shanao et ce n’est qu’après un certain événement qu’il va prendre du recul et se rendre compte que c’est qu’une jeune fille poussée dans les affres de la guerre; pour finalement… revenir sur sa position initiale… ? Avec les sentiments amoureux en plus. Je pense que le jeu a essayé de trouver un équilibre entre respect et protection, mais l’exécution était un peu trop brouillon pour moi. Et enfin, l’autre souci: l’antagoniste de la route, Tomomori, qui gagne beaucoup trop en charisme. A la fin on dirait plus que la route de Benkei ne sert que de teaser à celle de Tomomori, je trouve ça dommage.
Minamoto no Yoritomo (CV: Furukawa Makoto)

Yoritomo est le digne héritier du clan Genji et frère aîné de l’héroïne (soit-disant, on a l’habitude). Shanao ne l’a jamais vu étant donné qu’il a été exilé à Izu alors qu’elle n’était qu’un bébé. Il ne sait même pas que son « frère » est en fait sa soeur. Yorimoto est un personnage mystérieux qui intervient assez tard dans l’histoire. Il est froid et discipliné, sa vie dédiée à la cause des Genji. Lorsque Birushana a été teasé pour la première fois en 2019 (oui c’était il y a longtemps) il était présenté comme beaucoup plus cruel; je pensais donc avoir affaire à un énième « grand frère » aux tendances obsessionnelles et psychopathes et il s’avère que… Pas du tout ?! Yoritomo est assez loin de l’archétype du grand frère surprotecteur et obsédé par l’héroïne, c’est un homme froid et distant qui va à peine la calculer jusqu’à assez tard dans sa route. Yoritomo est assez frustrant, il ne répond pas aux attentes émotionnelles de Shanao qui cherche désespérément en lui une figure familiale stable et il mettra très longtemps à s’ouvrir. Il a ses raisons, c’est un personnage torturé par ses traumatismes… Mais quand même, passer des heures à regarder la pauvre Shanao se jetter sur les miettes d’attention qu’il lui donne en début de route, c’était un peu trop gênant pour moi. J’ai quand même fini par l’apprécier mais ça restait trop peu à mon goût.
Taira no Tomomori (CV: Fukuyama Jun)

Tomomori est le fils aîné du chef des Heikei. C’est un homme calculateur, assez nonchalant mais surtout un maître dans l’art du rage-baiting. Étant la route qu’il est conseillé de faire en dernier, l’impression de base de Tomomori est très mauvaise, car il adopte une position très antagoniste sur les routes de Benkei (et Yoritomo). Vous allez sans aucun doute vous demander qui est ce grand malade et ce qu’il fait parmi les personnages capturables. Tomomori obéis à toutes les lois du love interest antagoniste qui devient obsédé par l’héroïne pour une raison obscure. La première partie de sa route est assez…gênante ? Très peu de vraies interactions entre les deux personnages, seulement lui qui fait le forceur pour se faire rembarrer bien mochement. Pourtant…. Pourtant… ! Il s’avère curieusement attachant quand on se rapproche de lui ? Certes, à condition d’aimer les hommes un peu dérangés et torturés. La romance entre lui et Shanao utilise des tropes populaires vues et revues de cette héroïne qui refuse de se soumettre mais qui finit par s’attacher malgré elle quand elle entrevoit les faiblesses d’un homme qui essayait pourtant de la tourmenter. Okaaaay c’est pas ce qu’on fait de plus moderne mais moi je suis un bon public donc je valide; avec une grimace mais je valide quand même. Le féminisme quittant mon corps quand un homme dérangé de la période heian m’appelle himegimi.
Personnages secondaires « if »




Ces quatre personnages sont techniquement « capturables » via des fins alternatives disponibles depuis la flowchart après avoir fini certaines routes. Un moyen de nous laisser les rizz sans qu’ils volent la vedette aux love interests principaux, j’ai personnellement trouvé ça assez agréable, c’est beaucoup plus généreux que de nous laisser attendre le fandisc.
Scénario
Birushana est un otome « historique » sur la guerre de Genpei, un conflit principalement retranscrit par le Heike Monogatari (les Dits Heikei), une épopée du Moyen Âge japonais. Le scénario prend énormément de liberté et bien sûr, l’histoire est appréciable même sans connaissance historique, mais je pense que certaines scènes de bataille sont plus facilement compréhensibles avec un petit tour sur wikipédia. Je n’ai pas trouvé le jeu très pertinent en tant qu’otome historique. La plupart des infos contextuelles sont balancées en mode info-dump et certains passages ont glissé un peu trop vite à mon goût. Malgré les nombreuses prises de libertés; étant donné que l’histoire s’appuie sur des faits précis, il y a une limite aux événements qui se déroulent. Par conséquent, toutes les routes vont à quelques détails près raconter la même histoire avec certaines scènes quasiment identiques mais non-skippables, ce qui peut s’avérer frustrant bien que ce soit assez courant dans les jeux historiques. On est sur une épopée avec un peu de fantastique dont le plot se dévoile au fur et à mesure des routes. J’ai trouvé que les routes ne s’imbriquaient pas vraiment bien ensemble. Les pouvoirs de Shanao ne semblent être présents que lorsque le scénario souhaite en parler par exemple.
Le format fait que la romance est assez inégale d’une route à l’autre, l’histoire ne pourrait pas vraiment justifier que l’héroïne passe autant de temps de manière équilibrée avec tous ses prétendants, surtout quand certains sont dans des factions opposées, ou que d’autres interviennent assez tard (n’est-ce pas Yoritomo…) . Certains love interests sont clairement plus présents que d’autres autour de Shanao.
On est sur du Itou Ai tout craché que ce soit pour la gestion de la romance ou les scènes d’action. J’ai personnellement vu pas mal de similitudes avec Nightshade, un titre que je recommande donc si vous avez aimé Birushana et vice versa. Je trouve cependant que le trope de l’héroïne travestie est géré de manière beaucoup plus plaisante que dans Kenka Bancho Otome (un autre titre d’Itou Ai, décidément !). Ici on fait moins de chichis sur le fait que surprise, en fait c’est une fille. La place de l’héroïne n’est pour ainsi dire quasiment jamais remise en question, ou seulement brièvement, j’ai trouvé ça assez rafraichissant.
Le jeu est sorti en tant que CERO D (-17) au Japon et je présume que c’est à cause des scènes de violence. Le jeu contient assez peu de scènes à connotation sexuelle bien que QUELQU’UN a un petit problème avec le consentement au debut. *kofkof* Tomomori *kofkof*.
Et si vous vous posez la question de l’inceste…
(Spoilers)
Il y a des mentions d’inceste…? Mais dans les faits: le « grand frère » n’a évidemment aucun lien de sang avec l’héroïne. CEPENDANT il y a relation entre cousins; ce qui n’est pas tellement choquant pour le contexte historique.
À propos de la localisation
Je me sens obligée de faire un paragraphe dessus parce que sérieusement QUI est responsable ?! L’histoire reste globalement compréhensible mais le ton employé par la localisation est complètement aux antipodes de la version originale à tel point qu’on plonge la tête la première dans du OOC; quand ce n’est pas tout simplement des erreurs d’interprétation pure et dure. Si vous jouez à Birushana en anglais je vous demanderai donc de prendre du recul sur les expressions employées. Si quelque chose vous paraît abusé, style Shungen qui lâche un son of a bitch! de nulle part, il y a de très fortes chances que ce soit juste la loc.

Conclusion
C’était une expérience…! Je ne dirai pas que c’est un incontournable des jeux historiques, mais ça vaut bien le détour si le concept de base de l’héroïne combattante et des romances nées dans le feu et le sang vous attire. J’avoue avoir eu une nette préférence pour les routes des Taira. Ces tropes d’amour que tout semble opposer ne sont absolument pas inédits mais que voulez-vous… je mange de ça avec plaisir. Cependant pour une loc de cette qualité j’espère que vous attendriez les prochaines promotions. J’ai beaucoup aimé certaines Tragic Love ends aussi ~
Scénario
Système
Graphismes
Sons
Note personnelle



