Collar x Malice, les Experts à Shinjuku

Ceci est un repost d’une review de mon ancien blog.

Collar x Malice est Otome Game PS Vita sorti en 2016 au Japon et un peu moins d’un an plus tard chez nous grâce à Aksys. Très réputé dans le milieu, c’est que maintenant que je me décide à le faire. Ben ouais mieux vaut tard que jamais comme on dit chez nous. EDIT: Le jeu est maintenant aussi disponible sur Nintendo Switch (localisé!)

  1. Synopsis
  2. Système
  3. Personnages
  4. Graphismes
  5. Scénario
  6. Remarques sur la localisation
  7. Conclusion

Synopsis

L’histoire se déroule lors d’une année inconnue dans l’arrondissement de Shinjuku (Tokyo). Un groupe terroriste du nom d’Adonis proclame le X-Day: chaque mois, le compte à rebours est lancé et une attaque terroriste a lieu. N’arrivant pas à mettre la main sur les responsables, le gouvernent pris en mains des mesures drastiques et mis tout Shinjuku en quarantaine. Pour rassurer les populations en proie aux attaques terroristes, la loi d’interdiction des armes à feu est levée et un pistolet répertorié par les services de sécurité est délivré à chaque adulte.

Hoshino Ichika est une jeune agent de police fraîchement recrue. Un beau jour, après son service, elle est attaquée et se réveille dans une église avec un collier accroché autours du cou délivrant un poison qui peut s’avérer mortel. Sauvée par un groupe d’ex-policiers enquêtant sur Adonis tenu par Yanagi Aiji, elle découvre que le collier est un moyen pour Adonis de la surveiller et que sa vie est entre leurs mains.

Pour couronner le tout, Adonis présente Ichika comme une de leur potentiel sympathisante, et l’invite à étudier les cas du X-Day avec l’aide du groupe de Yanagi, si elle ne parvient pas à saisir la vérité d’ici le 1 Janvier, jour du X-Day, le poison dans son collier la tuera.

Système

Collar x Malice a pour particularité de réellement forcer sur l’aspect enquête et policier lors de son scénario, tout est là pour nous donner l’impression d’être sur le dos des terroristes: « déplacements », recherche d’évidence sur les photos. Y a même un mode tir simple comme bonjour qui s’avère être la seule réelle utilité physique de l’héroïne m’enfin bref.

Je ne suis jamais contre un peu de maniabilité supplémentaire dans un VN, j’aurais aimé un peu plus de challenge pour le jeu de tir (un truc à la Psychedelica of the Black Butterfly ça aurait été pas mal) mais c’est la vie, ça avait son sens et ça s’arrête là.

Côté « Visual Novel Otome » on a comme très souvent une jauge d’affection… sauf que Collar x Malice fait dans le détail et commence d’abord par une jauge de « confiance », qu’on doit remplit via différents choix en première partie de route, puis la fameuse jauge « d’affection » qui elle n’apparaît que si on atteint la deuxième partie. Notez que ne pas réussir à gagner la confiance de son partenaire est fatal et amène directement à une Bad End.

Collar x Malice compte en tout une trentaine de bad ends qu’il faut compléter si vous visez le trophée platine si vous jouez sur PS Vita. L’utilisation d’un guide est donc prescrit. D’ailleurs rendez-vous service et faites les routes dans l’ordre: Mineo > Takeru > Kei > Kageyuki > Aiji. De toute façon la route de Kageyuki ne se débloque qu’après avoir complété une des trois précédentes et celle d’Aiji toute à la fin.

Personnages

Hoshino Ichika (prénom changeable)

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Son prénom par défaut est prononcé. Ichika est une jeune femme de 21 ans présentée comme étant de sang-froid et compétente dans son travail d’agent de police. Elle s’entraîne tous les jours à tirer mais n’a jamais visé personne. Vit seule avec son petit frère de 18 ans avec qui elle a une relation assez tendue. J’ai conscience que c’est une héroïne très appréciée et j’adore sa coiffure mais… Selon moi Ichika aurait pu être une bien meilleure héroïne. Elle n’est certes pas spécialement cruche, ni chiante, ni stupide, pourtant j’ai énormément de mal à m’intéresser à elle.  Malgré ses quelques moments de lumière (parce qu’elle a ses moments de coolitude quand même !), j’avais comme une impression de vide alors que c’est un personnage avec un background et une histoire derrière elle. Les ficelles que tendait le jeu pour essayer de me faire aimer Ichika en tant que femme de caractère me semblaient grosses comme des cordes et ont finit par avoir l’effet inverse.  C’est un personnage dans une situation très délicate et faut le dire: elle voit pas des choses marrantes tous les jours. Pourtant, elle prend relativement peu de recul, donnant l’impression que tout « passe à travers » sans avoir d’impacts. Même par rapport à son collier, j’avais sincèrement l’impression qu’elle ne s’en souciait que lorsqu’un autre personnage lui faisait la remarque ! In-vivo, Ichika est plutôt transparente, la narration ne se focalise pas assez sur son ressenti à mon goût, on a plus l’impression qu’elle passe les 3/4 de son temps à énoncer l’avancée des enquêtes. Avancée dont elle n’est la plupart du temps pour pas grand chose d’ailleurs: chaque élément qu’elle apporte semble être déjà connu du reste du casting, nous donnant un peu l’impression qu’elle sert à rien. Fort heureusement la route d’Aiji relève quand même pas mal le niveau et donne à Ichika une réelle utilité(?) aussi bien « physique »(?) que psychologique.

Ichika est un femme à forte volonté qui ne change pas son rapport à son idéal de justice: venir en aide à son prochain. C’est une qualité très appréciée d’après ce que j’ai cru comprendre mais à titre personnel ça me semblait plus être un bête excuse pour ne pas offrir à cette héroïne une évolution. Hit or miss: vous risquez autant de l’aimer pour son côté toujours droit dans ses bottes que d’être saoulé(e)s par son idéalisme qui ne failli jamais. Personnellement j’aurais aimé quelque chose moins dans le cliché de l’héroïne infailliblement juste pour une histoire comme Collar x Malice remettant en cause notre notion de justice mais bon, on peut pas tout avoir dans la vie.

Yanagi Aiji (CV: Morita Masakazu)

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Yanagi Aiji est la route qui ne se débloque qu’à la fin et qui permet de lever le voile sur littéralement toutes les questions de l’histoire. Et quand je dis « toutes », ça inclu les question posées et répondues dans les autres routes. Toute la première partie étant d’ailleurs un récapitulatif de toutes les affaires élucidées avec les autres, je vous cache pas que vous risquez franchement de vous ennuyer. Heureusement la suite est une tuerie et si j’ai fini le jeu Collar x Malice vers 2h du matin c’est bien parce que la route de Yanagi m’empêchait de lâcher ma console. C’est un ex-policier à l’origine de la fausse agence de détectives souhaitant lever le voile sur les mystères des accidents du X-Day.  Le personnage en lui-même est tout à fait charmant quoiqu’un peu mou. Il partage beaucoup avec l’héroïne mais ses motivations sont bien plus profondes.

Okazaki Kei (CV: Kaji Yuki)

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Kei est un policier SP chargé de « protéger » le groupe de Yanagi, ou plutôt de le surveiller. Il a un caractère assez particulier quelque part entre le gentleman et le je-m’en-foutisme total. Comme il s’agit d’un agent de police, il n’est pas au courant de la condition d’Ichika au tout début. En toute honnêtement, bien qu’ayant trouvé le personnage en lui-même assez intriguant, j’ai pas été spécialement emballée par sa route. La première partie avait pour seul intérêt l’antagoniste et la deuxième partie… bah l’antagoniste aussi. J’ai trouvé l’affection que portait Kei à Ichika assez superficielle et sortie un peu de nulle part. Pourtant le perso est très sympa et ses interactions assez cool à lire. Sa route étant assez sujette au pathos entre deux scènes de dokidoki on sent vraiment qu’ils ont voulu forcé du drama, ce qui peut toujours plaire si vous êtes du style à aimer ça et que Kei vous a touché.

Enomoto Mineo (CV: Saito Soma)

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Mineo fait parti du groupe de Yanagi et joue le rôle du kouhai un peu con-con sur les bords. Il étudie les premiers cas d’Adonis mais visiblement sans grand succès. C’est là que l’héroïne va jouer le rôle du soutien pour aider Mineo à affronter ses craintes. C’était de manière complètement subjective mon personnage préféré (parce que les mecs un peu cons ça me faire rire et c’est mignon). Je recommande vivement d’ailleurs de faire celle-ci en premier. C’est un départ qui peut sembler un peu long mais elle offre tout de même de bon retournements de situation, quoiqu’un peu clichés. C’est aussi la route où je me suis le moins ennuyée côté romance, sans doute grâce au caractère assez simplet du personnage qui essaye pas de nous entourlouper pendant X chapitres. De plus, la route Mineo est de loin celle qui marque le mieux l’évolution des rapports qu’entretiens Ichika avec son petit frère.

Sasazuka Takeru (CV: Namikawa Daisuke)

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Gros connard qu’on adore: Takeru est un hacker de génie faisant partie du groupe de Yanagi. Il a pour but de refaire interdire les armes à feu. N’ayant absolument aucune pitié pour l’héroïne, il l’affublera de surnoms ridicules (genre « Stupide Chat ») tout en montrant bien que « eh oh, c’est moi le patron tu baisses les yeux et tu m’obéis ». De quoi bien contraster avec son chara design de jeune premier mangeur de donuts tout mimi choupinet. Autant voir Ichika se faire H24 mener par le bout du doigt m’enchantait moyennement, autant je dois dire que le personnage s’avère beaucoup plus attachant que ce dont il en a l’air et ses motivations semblent beaucoup plus concrètes que celles des autres. Mais à voir si vous êtes prêt(e) à devenir son punching-ball verbale. 

Shiraishi Kageyuki (CV: Kimura Ryouhei)

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Shiraishi (parce que j’ose pas l’appeler par son prénom lui) est un profiler travaillant côté médecine légale de  la police, c’est d’ailleurs lui qui emmène Ichika voir Yanagi et le reste du groupe après son « sauvetage ». En plus de son étrange lubie pour les chats, il a un tempérament très spécial et libre faisant qu’il se fait détesté de ses collègues. Notamment sa subordonnée Mukai qui ne le supporte pas. Très franchement: toute la première partie de la route semble assez, voire très moyenne comparée à la suite. Je reproche tout de même à cette route d’offrir un plotwist « gâché » car on nous met déjà au courant d’un tas de chose ignorées par Ichika, sans doute aurait-il été plus subtil de nous les cacher à nous aussi pour plus d’effet, m’enfin c’est un choix comme un autre. Et officiellement cette route a les meilleures bad ends si vous aimez l’odeur du drame, des larmes et du sang. C’était mon cas.

Graphismes

Très sympa en général. Je suis pas une fan incontestée de Hanamura Mai* mais les CGs, et surtout les sprites sont très jolis. Le chara design des personnages est soigné. Après si on veut vraiment chipoter, j’aimerais dire qu’Ichika semble anormalement minuscule sur certaines CGs, mais ça reste sympa à regarder.

(*EDIT 03/06/2023 ça s’est pas vraiment arrangé avec les accusations de traçage j’ai enfin une réponse sur pourquoi je trouvais certaines de ses illus bizarres.)

Les BGMs par contre sont absolument pas mémorables vous pouvez les écoutez en extraits ici. C’est certainement pas moche mais quand même assez oubliable.

Scénario

Collar x Malice, ça parle de terrorisme à base idéologique. Adonis cherche à faire renaître le Japon de ses cendres car le considère comme étant perdu, « en proie à la malice ». Les victimes des incidents terroristes ont toutes eu quelque chose à se reprocher: des crimes qui n’ont pas été jugé par un système défaillant: harcèlement, abus, corruption… C’est compliqué d’aborder ces thèmes de façon détachée sans être pris par ses propres valeurs. CxM, c’est le conflit idéologique entre la justice « de la police », celle défendue par Ichika, et celle des terroristes, beaucoup plus arbitraire et cruelle mais partant de réelles failles dans le système judiciaire japonais. Sans faire une apologie du terrorisme, le scénario se veut très gris sur tous les aspects et entreprend son histoire de manière très ambitieuse et fascinante. Cette fascination on la retrouve chez nos antagonistes: les « exécuteurs » au service d’Adonis, qui s’avèrent être pour la plupart monstrueusement humain.

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Lors de sa sorti, le jeu était très mature pour un titre Otomate et soulève avec plus ou moins de brio la thématique de la vengeance et du terrorisme ainsi que tous les conflits qu’elle implique aussi bien au niveau sociétal que personnel dans notre fort intérieur: ça nous tue de l’admettre mais la personne qui fait exploser une salle de classe remplis de collégiens était bel et bien un être humain avec de l’empathie. N’enlevant rien à la gravité du crime, certains antagonistes ont conscience de ne pas servir la justice. D’autres croient à des niveaux différents en l’idéal tordu promulgué par Adonis. Et c’est personnellement ce qui m’a happée dans ce jeu: les différents profils d’antagonistes, allant de l’authentique terroriste qui veut tout faire péter et qui n’attend rien de la vie aux personnes qui ont déraillé et qui n’ont pas réussi à remonter la pente. Est-ce que le jeu force à la sympathie vis à vis dans antagonistes ? Oui, très clairement. On nous montre des cas de jeunes exécuteurs qui auraient pu ne pas aussi mal tourner si leurs passifs ne les y avaient pas poussé. Pourtant pas d’excuses pour ce qu’ils ont fait et il ne fait aucun doute que le terroriste doit assumer la gravité de ses actes. La morale du jeu, ce n’est pas de pardonner les personnes qui ont commis l’irréparable mais bien de se questionner sur ce qui les a fait pencher du mauvais côté.

« Les cas du X-Day ne sont pas juste des démonstrations terroristes. Ils sont portés par des personnes comme toi et moi, pas par des espèces d’étranges créatures monstrueuses »

Yanagi Aiji dans sa route

Collar x Malice se veut extrêmement critique sur la société: finalement d’où vient la malice ? Si tout est à cause d’Adonis, pourquoi Adonis existe alors ? Qui décide réellement de ce qui est juste ou non ? Faut-il haïr le crime ou les criminels ? Peut-on haïr l’un sans haïr l’autre ? Donner à chacun le moyen de se faire justice sois-même est-il vraiment une solution ? Non mais, parce qu’on parle quand même d’une société où n’importe quel adulte peut se munir d’une arme à feu « pour sa protection », se donnant ainsi la possibilité de se faire justice à la place de la loi. Cette mesure bien que promulguée par le gouvernement n’est tout de même pas très loin de l’idéal qu’Adonis se fait de la justice.

« Si tu t’imagines que la police se doit de faire quelques petits sacrifices pour le bien de l’ensemble, finalement, n’agit-elle pas de la même manière que les terroristes ? »

Une fois toutes les routes achevées on débloque d’ailleurs un chapitre « Criminels », qui nous résume la personnalité des exécuteurs ainsi que la façon dont ils ont parvenus à Adonis. De quoi comprendre que l’endoctrinement est bien présent et s’est révélé très efficace chez certaines personnes qui ont tout simplement perdu confiance en le système judiciaire. L’un des principaux conflits internes de l’histoire est d’ailleurs cette perte de confiance des populations envers le gouvernement et surtout la police, jugée incapable de protéger les habitants de Shinjuku. Le travail de l’héroïne consiste d’ailleurs en partie à rassurer les gens, elle est donc directement confrontée à l’animosité qu’ils éprouvent envers la police. Dans ce contexte, Adonis se veut extrêmement convaincant car offre une « Justice » plus immédiate et ne laisse rien passer: même avoir fait une mauvaise blague sur un jeu-vidéo en ligne peut causer votre exécution si la victime n’était pas en condition de passer outre. Petite remarque: « Adonis » est un personnage de la mythologie grecque: humain amant d’Aphrodites tué par un sanglier.  Suite à son décès la déesse lui rendit vit sous la forme d’une fleur rouge sang. La fleur d’Adonis symbolisant le douloureux souvenir, elle est présente sur certaines CGs et s’accorde plutôt bien avec la thématique portée par le groupe terroriste de Collar x Malice: celle de la tristesse et de la peine entraînant le désir de vengeance. 

Y a toute une philosophie, ou plutôt des philosophies dans Collar x Malice. Le jeu a des aspects presque dérangeants de réalisme, surtout à notre époque dans notre société. L’écriteau au tout début nous averti: tout ceci n’est que fiction. N’est-il qu’il reste difficile pour le/la joueur/euse de ne pas se sentir concerné(e) face à des thématiques aussi actuelles. J’ai d’ailleurs remarqué que malgré un très bon accueil de la part de la communauté de fans d’Otome Games, y a quand même certaines personnes qui ont été vachement dérangées par certains aspects du jeu. L’histoire joue sur nos valeurs et nos idées sans pour autant imposer les siennes, même à la fin on ne sait pas vraiment ce qui est « juste »: tout est à la réflexion. C’est probablement aussi pour ça que le jeu peut-être très vite sujet à la sur-interprétation et c’est probablement volontaire de la part des développeurs.

Mais…

Malgré des thématiques assez surprenantes pour un otome game et un ensemble assez bien amené, niveau écriture, Collar x Malice n’est pas non plus irréprochable. Tout d’abord le suspens, qui ne concerne en soit que le leader d’Adonis car pour trouver les exécuteurs… bah c’est du gâteau, vraiment. Le pire c’est que le jeu assume ne pas vouloir les cacher un minimum, ce qui amoindri  le côté enquête dans la plupart des routes. Quelque part, c’est normal car les problématiques sont plus axées sur le « Pourquoi » que sur le « Qui », mais vous risquez tout de même d’être déçu(e) si vous vous vous attendiez à une myriade de plotwists. Ici, la grande majorité des antagonistes ne cachent absolument pas leur jeu et semblent se jeter d’eux-même dans la gueule du loup. Rendant la plupart des routes pas si exaltantes qu’elles en avaient l’air.

Ceci dit, c’est plus un choix scénaristique qu’une défaillance dans l’écriture. Mais des défaillances y en a: à commencer par la romance. « Oui mais c’est normal que Collar x Malice présente moins de romance que d’autres otome games vu le plot de base m’enfin » Oui parfaitement, mais là je ne parle pas de quantité mais de crédibilité. Il est tout à fait possible de faire des romances efficaces et crédibles avec relativement peu de scènes « dokidoki kyun » et Collar x Malice a bien du mal. Pour commencer: Ichika dispose de moins d’un mois devant elle. C’est relativement peu de temps pour trouver l’amour de sa vie mais ça s’est déjà vu alors pourquoi pas. N’est-il qu’il est assez dur de comprendre comment le cast masculin tombe amoureux d’Ichika et vice versa. La route de Yanagi est de loin la meilleure dans ce côté là et forme selon moi le couple le plus crédible mais les autres c’est franchement forcé. Sauf peut-être Mineo qu’on excuse pour sa simplicité: ça semble assez logique qu’il tombe pour elle facilement vu son caractère. La plupart des rapprochements semblent peu naturels. Après: à vous de voir si vous jouez pour la qualité de la romance ou non, ce n’est qu’un aspect parmi d’autres et Collar x Malice propose bien plus.

Les routes sont, dans leurs fondements, toutes construites de la même façon en suivant le même rythme: il est donc assez facile de prévoir quand viendra les moments d’actions et les moments de pauses.

Remarques sur la localisation

Je vais traiter de la version PSVita, je sais pas si la localisation Switch a bénéficié d’une correction.

La traduction anglaise n’est pas atroce en soit mais présente quand même pas mal de coques qui risquent de vous induire en erreur si vous ne maîtriser pas le japonais… et même si vous le maîtriser vous n’êtes pas à l’abris car il se trouve que le jeu s’est magistralement planté sur le sens d’un des choix finaux. L’erreur est notée sur la plupart des guides que j’ai trouvés mais n’est-il que ça fout bien le seum.

Certains propos des personnages sont aussi altérés, leur faisant complètement changer d’état d’esprit d’une version à l’autre. Ainsi, les « Me stopper ne changera rien » se transforment en « Vous ne pourrez pas me stopper » et font passer un personnage attristé pour un criminel sûr de lui. Alors oui, c’est de l’ordre du détail, du chipotage, mais ce serait bien qu’un jour on embauche des vrais traducteurs et qu’on leurs donne des Deadlines acceptables. La version localisée de Collar x Malice est sortie environs 8 mois après le jeu au Japon. 8 mois c’est précisément le temps minimal qu’il faut pour localiser un jeu. Je soupçonne cette localisation d’avoir été complètement rushée.

Conclusion

Collar x Malice est, malgré ses petites faiblesses dans l’écriture et la partie romance peu crédible, très probablement un des meilleurs jeux que nous a offert Otomate en terme de scénario et je pèse mes mots. Les thématiques sont intéressantes et tous les personnages marquants. Il présente aussi un des meilleurs cast de personnages secondaires et d’antagonistes que j’ai jamais vu. Malgré des débuts de routes un peu longs, l’ensemble se veut extrêmement satisfaisant et enrichissant. Mon seul vrai grand regret ce sont les « Tragic Love Endings » qui en tant que Bad Ends, sont très rarement satisfaisantes et peuvent avoir des airs de Normal Ends selon les routes.  

Scénario

Note : 4 sur 5.

Système

Note : 4 sur 5.

Graphismes

Note : 3.5 sur 5.

Sons

Note : 3 sur 5.

Note personnelle

Note : 4 sur 5.

Contenu

Balance intrigue/romance:

Intrigue

Violence:

Modérée

Contenu sexuel:

chaste

Voir le barème.

3 réflexions sur “Collar x Malice, les Experts à Shinjuku

  1. Ah moi j’ai bien aimé la romance dans le jeu. Certes, elle est plus en retrait mais j’ai trouvé ça logique vu le scénario. Ça l’aurait pas fait de voir les gars essayer de se taper Ichika avec la menace d’Adonis (trauma Norn9, faut pas chercher). Et puis, le fandisc est apparemment full moments romance justement.

    Perso, ça a été un des rares otome à m’avoir pris aux tripes. Genre la route de Yanagi je l’ai faite en mode « JE VEUX LA FIN ». Comme il y a une vraie progression narrative, t’as envie d’aller au bout et pas forcément dans l’optique de juste faire des routes à la suite sans connecteur logique.

    Sinon j’ai adoré Takeru car c’est un pur connard et que ses réactions sont énormes. Dans la True End, il m’a fait mourir de rire à plusieurs reprises. Et puis bon, il bully Mineo tellement souvent que ça en devient drôle (et l’autre aussi tombe trop souvent dans ses pièges).

    Faut vraiment que j’achète le fandisc maintenant >_<

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    1. Le fait de pas avoir beaucoup de romances je veux bien, limite je suis pour, mais là j’ai eu du mal à trouver le peu qu’on avait crédible. Mineo a l’excuse de la simplicité, Yanagi des circonstances je veux bien mais les autres j’ai plus l’impression que ça poppait de nulle part (par exemple le coup des scènes du lit utilisées à la fois chez Mineo et chez Takeru c’était vraiment trop gros et forcé pour moi). Honnêtement j’avais pas non plus l’impression que les mecs faisaient attention au fait qu’adonis écoutait tout, ça aurait été drôle d’ailleurs de nous montrer les réactions de Zero tellement certains avaient 0 retenus. Le truc c’était pas la quantité, mais plutôt la façon dont c’était implanté, la plupart des perso semblent complètement revirer leur veste en mode « c’est la femme de ma vie à partir de MAINTENANT » sans qu’on comprenne trop pourquoi :<

      Après vu le caractère du jeu de base ça m'a pas dérangé plus que ça parce que oui pour le coup c'est "secondaire" mais c'était quand même à noter.

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