Cendrillon palikA est un Visual Novel Otome développé par ce cher Otomate publié par Idea Factory. Il est notamment le premier nouveau projet de la marque à sortir sur la Nintendo Switch. Le directeur est Koide Yuuri (Kyokai no Shirayuki) quant au scénario on le doit à Sasaki Maro, qu’on retrouve dans d’autres titres tels que Nekketsu Inou Bukatsu-tan Trigger Kiss ou encore Yukyuu no Tierblade. Du nouveau côté graphique avec la main de Suzushiro Karin qui effectue là son tout premier projet en solo (mais sachez qu’elle a participé pour un FD d’un certain NORN9)
Synopsis
Il était une fois, au Japon de l’air moderne, une ville à la beauté sans pareil entièrement bâtie de verre du nom de Tôkyô. Cette ville et ses habitants sont malheureusement victimes d’une malédiction depuis des centenaires: si un habitant de Tôkyô venait à sortir de la ville, il se retrouverai aussitôt transformé en statue de verre et succomberai dans d’atroces souffrances. Seule solution pour éviter la mort: porter du verre sur soi et prendre bien soin de retourner à Tôkyö avant minuit.
Hairi Lalique est une résidente rêvant du monde extérieur de loin jusqu’à ce qu’un beau jour, un étrange personnage auto-proclamé magicien vienne à sa rencontre. Après lui avoir donner une paire de pantoufles de verre, Kashika, le magicien, lui révèle que la malédiction peut se briser si on arrivait à bouger les aiguilles d’Astrolabe (l’horloge de la ville) et qu’il se trouve qu’Hairi en est la seule capable…
Graphismes
Je ne vais pas prétendre que les GC soient toute parfaites mais mes études en arts me poussent à voir la moindre imperfection donc c’est vraiment chipoter pour rien. Cendrillon palikA est beau, je dirai même splendide. Après oui, faut aimer le rose/violet, mais la variété des décors entre Tôkyô et la forêt de Tôen est un véritable régal pour les yeux, les spirits sont très bien réalisés et expressifs, notamment celui de l’héroïne. Je crois d’ailleurs que c’est la première fois que je vois le spirit de l’héroïne cligner des yeux dans un Otome.






On constate notamment la forte inspiration Art Nouveau dans les graphisme général, surtout pour les polices d’écriture très clairement inspirée des travaux d’Hector Guimard. J’ai vraiment vu ça comme un petit plus, ça rajoutait du cachait et inscrivait vraiment l’univers dans son espace à part.
Restons dans l’air Art Nouveau, dans le jeu le frère d’Hairi tient une horlogerie du nom de « Belle Epoque », et il se trouve que c’est aussi ce surnom que l’on donne en France et en Belgique à la période de la fin du 19ème siècle jusqu’au début de la première guerre mondiale, cad précisément la période de l’Art Nouveau.
Système
Le Visual Novel se présente assez simplement mais dispose de toutes les options pour nous faciliter la vie: possibilité de skip jusqu’au choix suivant ainsi qu’un onglet « Chapitres » extrêmement bien foutu mais on en reparlerai plus tard.
Le jeu propose 7 routes, ce qui est assez cocasse étant donné toute la symbolique du chiffre 7 surtout dans les contes mais je m’égare. 7 routes dont seulement 4 sont disponibles au tout début, le reste se débloquant plus tard. Les routes sont individuellement de longueur médium et apporte tout juste ce qu’il faut de développement des personnages et de l’intrigue globale. La route commune est en quelques sorte sacrifiée: on commence directement dès la rencontre KahsikaxHairi et après avoir fait coucou à tous les personnages Kashika demande à Hairi, donc nous, de choisir à quelle personne elle va demander de l’aide pour pouvoir rentrer, d’une manière ou d’une autre, dans la tour et défaire le maléfice qui pèse sur sa ville. Evidemment il s’agit du choix de la route.
L’avancement dans l’histoire s’écoule doucement et le jeux proposent 2 véritables fins possibles pour chaque route, une Happy end et une Merry Bad End…. sans oublier les multiples bad ends qui vous attendent littéralement à chaque coin de rue pour peu que vous fassiez une erreur. Les décisions prises par Hairi se traduisent par 3 jauges: celle de l’affection, qui se remplit au travers de choix assez banals et celle des rayures du verre (je suis absolument pas sûre de ma traduction) qui en revanche se remplit via le « Jugement« , il s’agit de décisions ayant généralement un impact beaucoup plus fort sur l’histoire, d’ailleurs parfois de décider ou non de faire bouger les aiguilles d’Astrolabe, ce qui a pour effet de faire bouger notre 3ème copine: l’horloge.



Le jeu se veut un peu plus intelligent qu’il n’y paraît en changeant la méthode d’acquérir une Happy End chez certains personnages, en effet certains nécessitent tout de même un certains niveau des rayures pour éviter les Bad Ends. Paradoxale mais pas stupide. Si après avoir lu ça vous vous dites « mais que c’est compliquer ! » je tiens à vous rassurer: c’est assez facile à jouer, même sans guide. Je dirai même qu’il vaut mieux faire les premières routes sans aide pour ne pas se spoiler. L’onglet chapitre du jeu permet de reprendre avec le tôt désiré dans chaque jauge, ce qui nous facilite grandement la tâche.

Chaque route apportant sa petite pierre à l’édifice, il est presque primordiale de suivre l’ordre donné par Otomate, à savoir: Klone ⇒ Shien ⇒ Ulen ou Natra ⇒ Rindo ou Ela ⇒ Kashika.
Personnages
Hairi Lalique (prénom changeable)

Hairi est une jeune fille de 19 ans vivant seule avec son frère depuis le décès de ses parents. Ce dernier l’ayant toujours surprotégée, elle ne connait pas le monde extérieur et malgré un fort besoin de découverte, elle n’a jamais tenté de sortir de Tôkyô par peur d’inquiéter son frère. Contre toute attente, c’est une bonne protagoniste. Elle est active et ne se fait pas prier pour répondre du tac au tac. Elle est aussi extrêmement persévérante et déterminée à défaire la malédiction.
Shien Clinochlore (CV: Hino Satoshi)

Shien est un jeune homme de 27 ans vivant en compagnie de Ulen dans une église abandonnée se trouvant dans le forêt de Tôen. Il se veut tout de suite très amical avec la protagoniste à qui il s’attache très rapidement. En réalité, Shien est victime d’amnésie et souffre énormément de son état. Malgré ses airs de prince charmant, c’est un homme fragile qui va vite avoir besoin de la bienveillance d’Hairi pour tenir bon.
Ulen Muler (CV: Ichida Yuuma)

Ulen est un universitaire postiché dans la forêt pour ses études portant sur la malédiction de Tôkyô. Il n’éprouve que peu d’intérêt pour tout ce qui ne touche pas à ses recherches et réduit au minimum ses interactions avec les autres. Il accepte de collaborer avec Hairi seulement dans un cadre donnant-donnant, mais finira malgré lui par s’attacher à elle de façon romantique, concept qu’il a du mal à intégrer.
Ela Amalric (CV: Hanae Natsuki)

Résidant de Tôkyô du même age qu’Hairi. Il travaille à la bibliothèque est dit avoir peu d’amis, de ce fait, il se montre extrêmement frendly avec Hairi dès le début et l’aide d’ailleurs dans pas mal de routes. Tout comme elle, il rêve de l’extérieur mais n’y a par contre jamais mis les pieds. Sa route est bloquée au début car révèle des aspects très importants de l’intrigue.
Klone Spinel (CV: Namikawa Daisuke)

Klone est un travailleur de verre vivant hors de Tôkyô et rendant souvent visite à Shien et Ulen. Bien que son travail consiste à fournir la ville maudite en objet de verre (le verre étant travaillé à Tôkyô étant maudit), Klone éprouve un étrange dégoût pour Tôkyô et ses habitants et se montre de ce fait très froid avec l’héroïne. Il ne comprend pas pourquoi cette dernière, à l’instar de tous les habitants de Tôkyô, tient tant à risquer sa vie pour connaître le monde extérieur.
Rindo Westeria (CV: Okitsu Kazuyuki)

Rindo est un homme charger de la garde d’Astrolabe. Il parait gentil et serviable mais son sourire cache de nombreuses déviances dont lui-même a conscience. Il est une vrai mère poule pour son petit frère Natra, dont il est bien relié par le sang malgré leurs noms de familles différents. Rindo est de loin la route qui m’a le moins plu dans le tas mais le personnage a tout de même le mérite de reconnaître ses vices pour chercher l’expiation.
Natra Peony (CV: Toriumi Kousuke)

Natra est un jeune homme turbulent travaillant comme garde à la porte menant à l’extérieur. Il ne jure que par son frère Rindo qu’il considère comme étant parfait. Son attitude a plutôt tendance à rebuter l’héroïne au début mais elle finit par s’attacher à lui. La route de Natra est très intéressante dans le sens qu’elle propose une véritable réflexion morale et ce de façon beaucoup plus explicite que les autres.
Kashika Galle (CV: Sugiyama Noriaki)

Kashika est le fameux magicien qui débarque sans prévenir dans la vie d’Hairi pour la sommer de rompre la malédiction. Il a au passage embobiner le frère de cette dernière en se faisant passer pour un sans abris et ainsi vivre avec eux. Sa route est à faire en tout dernier car apporte et lie entre elles toutes les questions posées dans les autres routes. En ce qui me concerne, j’imaginais mieux comme final mais c’était acceptable.
Scénario
L’histoire est aussi bien une réécriture revisitée du conte de Charles Perrault que sa propre-mise en abîme. « Cendrillon » est ici présente à deux niveau: en tant que conte populaire, une référence que tous les personnages ont; et personifié en la personne d’Hairi. On pourrait penser que cela se limite au fait qu’elle porte des pantoufles de verre mais le lien avec Cendrillon est en réalité beaucoup plus profond. Le conte original a pour morale principale celle du déterminisme: noble naît Cendrillon, noble redeviendra-t-elle, n’en plaise à sa marâtre. C’est finalement la même chose pour Hairi. La jeune fille est en effet « déguisée » en personne normale alors qu’il s’agit en réalité d’une des seule personne capable de contrôler Astrolabe, et ce depuis sa naissance. La surprotection de son frère n’a pas su empêcher cela.
« Celle à qui ira cette pantoufle de verre réalisera sûrement ton souhait »
Tel est le message que reçoit les prétendant d’Hairi (sauf Kashika) accompagné d’une pantoufle de verre. Ici ce n’est pas Cendrillon qui formule un souhait mais bel et bien son prétendant, la figure de Cendrillon représentant l’espoir pour chacun des personnages. Même dans les routes où Hairi semble moins active (coucou Rindo), c’est finalement encore et toujours elle qui mène l’autre vers le droit chemin et ramène en eux ce qu’ils ont perdu. A l’instar de sa propre prise de conscience de ce qu’elle représente, c’est aussi elle qui fait redevenir son bien-aimé ce qu’il est véritablement.

A la fin de chaque chapitre, on a le droit à un monologue de la part du personnage masculin, permettant ainsi de se rendre compte de l’influence d’Hairi qui grandit petit à petit chez les personnages.
Le côté conte est franchement exploité et donne des routes possédant pour le plupart un côté moralisateur. J’ai même envie de dire qu’il y a un côté biblique presque palpable dans la plupart des histoires. Hairi représente bien entendu le Bien et tant qu’elle abandonnera pas son idéal l’histoire se finira bien, on remarque d’ailleurs que les Merry Bad End sont souvent synonymes d’abandon de la part des personnages.
Les valeurs transmises sont presque religieuses: ne pas mentir, expier ses vices, ne pas être jaloux etc… D’autant plus qu’un des lieux que fréquente Hairi n’est autre qu’une Eglise abandonnée dans laquelle vivent Shien et Ulen. La notion de jugement est aussi très présente, la plupart des Bad Ends sont d’ailleurs narrées comme des « erreurs de jugement » de la part de l’héroïne.
Conclusion
Je ne dirai pas que ce jeu est excellent. Le scénario n’a franchement rien de bouleversant et je n’ai eu que très peu de surprises. Mais il en vaut le détours pour peu que l’on soit intéressé par les contes. L’ensemble reste tout de même très appréciable, graphisme soigné et une ambiance sonore envoûtante. Les personnages sont pour la plupart très attachant et franchement, ça fait toujours plaisir une héroïne aussi active qu’Hairi. Les romances sont très bien fichues avec un rapport Sauvant x Sauvé la plupart du temps très équilibré, ce qui est assez rare pour un Otome Game. Je continue de penser que le jeu doit une grande partie de son charme à son héroïne. La plupart des défauts censés être propres aux protagonistes d’Otome sont ici transposés chez des personnage masculins: Shion, le frère d’Hairi joue effectivement le rôle de la bonne poire assez naïve et trop gentille tandis qu’Hairi, malgré une générosité similaire se trouve être plus sensée. C’était aussi très niais sur les bords mais honnêtement je ne m’attendais pas vraiment à autre chose. Je suis globalement très satisfaite.
Scénario
Système
Graphismes
Sons
Note personnelle
Contenu
Balance intrigue/romance:
Juste milieu
Violence:
Modérée
Contenu sexuel:
chaste
Ooh, I really like the observations you made regarding Art Nouveau and the general inspirations of the game! I was wondering what the « Palika » in the title was referring to for a while.
(I’m not familiar with French so I ran your post through a translator, it was really interesting to read through!)
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OOh thank you for reading it ! I’m so glad !
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And thank you for writing it! (^o^) Did you have a favourite route? I think I probably share your opinion on Rindo, haha.
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Uh I really liked Shien and Ela’s routes but Natra just stole my heart (he’s so precious I love him <3)
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I really enjoyed their routes as well! NATRA’S A GOOD KID…I thought the points you brought up regarding his route was really neat. It makes me wonder if they also had certain fairytales in mind for select routes.
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Merci de ton avis et résumé ce jeu avait l’air bien même si classique et prévisible si les personnages sont attachant ça le fait ;). ( aussi je me sens moins seule à en jouer en japonais ça fait un an à peu près, je deviens accro xd c’est tellement dommage que la France ou même les anglais n’ont pas vraiment + essayer que ça d’en traduire j’en suis sur qu’il y aurait du succès.) bref j’ai l’impression que mtn tout les otome vont sortir sur switch je vais devoir en acheter une à force xd.
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Yeeees bienvenue dans la team de joueuses d’otome solitaires \o/ (et oui en effet c’est super addictif je ne te le fais pas dire), contente que ça t’ai plu ! C’est claire qu’avec l’imminent décès de la PS Vita le marché va s’orienté vers la Switch mais y a encore le temps avant que toutes les nouveautés passent réellement dessus (pour l’instant on a surtout des portages ;/)
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Le scénario ne casse pas trois pattes à canard mais ça à l’air plutôt correct. Je vais me laisser tenter, mais la mechanique du jeu m’a l’air compliquée.
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