Rear Pheles ~Red of Another~ est un VN Otome de Matatabi (au passage, c’est leur premier jeu) sorti le 27 Août 2015 sur PS Vita au Japon. Les illustrations sont de Puru (qu’on retrouve aussi dans Utsusemi no Meguri) et le tout est dirigé par Ema, qui visiblement n’a rien fait d’autre. Le jeu est basé sur une série de Drama CD sortie sous le nom de Rear Pheles ~Rost Memory~.
J’estime que vous avez maintenant vu ce que le jeu offre de mieux: la musique de l’opening. Salut.
Synopsis
Rear Pheles raconte l’histoire d’une jeune lycéenne tout à fait normal qui chaque nuit, fait le même rêve dans lequel elle est poursuivie par un terrifiant loup. Mais un beau jour, son cauchemars devient réalité et un étrange homme loup se présente à elle avec l’intention de la dévorer, quand soudain apparaît un mystérieux personnage, revêtant un chaperon rouge et pointant un fusil de chasse vers l’horrible loup…
Pourquoi le Petit Chaperon-Rouge est-il en train de chasser le loup ?
Pourquoi le loup en a-t-il après moi ?
Scénario
Ce jeu est moyen je vous le dis de but en blanc, même moi je le savais en l’achetant (je veux dire… un jeu qui tombe à moins de 10 euros c’est jamais bon signe). Déjà la narration: c’est n’importe quoi. Ce jeu est mal écrit, vraiment. Les scènes s’enchaînent sans subtilité et parfois sans aucun sens, on peut être au milieu d’une discussion puis hop, l’héroïne se réveille dans son lit. Certaines routes sont quand même mieux construites (coucou Noa) mais globalement on reste sur quelque chose d’écrit à la va vite, quelque fois même faisant un gros doigt d’honneur à la cohérence. Sans parler des systèmes narratifs recyclés dans plusieurs routes, déjà que le jeu est assez court c’est pas comme si j’avais le temps d’oublier.
J’aurais aimé pouvoir parler de « réécriture » du conte de Perrault mais malheureusement c’est pas vraiment le cas dans Rear Pheles même si y a beaucoup de ça. Ce qu’il faut savoir sur le conte du Petit Chaperon Rouge, c’est que Perrault avait écrit ça à l’attention des jeunes filles (pré-adolescente) pour les mettre en garde à propos des hommes plus âgés (dois-je vous faire un dessin ?). En commençant le jeu j’étais à peu-prêt sûre qu’on aurait droit à un rapport étreint entre la présence du loup antagoniste et la découverte de l’amour/la sexualité. J’avais à moitié tord car celui-ci dans la plupart des routes sert de reflet pour la partie cachée de la personnalité des personnages, plus sombre que ce qu’il laisse apparaître. Le loup ici s’invite à l’intérieur des gens pour faire ressortir leurs démons et pulsions les plus inavouables. (haine, envie de meurtre, violence, obsession…), sans que ces dernières n’ait de réel rapport avec la romance dans la plupart des cas. Romance qui d’ailleurs est vraiment tout public pour le coup.

D’ailleurs ce personnage du loup a failli être intéressant mais il s’est révélé complètement incohérent une fois ses véritable intentions dévoilées au grand jour. J’appelle ça le syndrome du faux antagoniste.
Personnages
L’héroïne

Qui n’a pas de nom, c’est chiant mais c’est compréhensible vu qu’une bonne partie du jeu joue sur l’immersion (surtout dans la parties d’escape). Personnellement je l’ai nommé Raclette. Partout, tout le monde semble cracher allègrement sur cette héroïne pourtant bah… je l’aime bien. Enfin, je l’aimais bien jusqu’à avoir joué la True Route. C’est une lycéenne en première année gentille et travailleuse passionnée de lecture, elle est notamment très attachée à un livre d’images du Petit Chaperon Rouge que sa grand mère lui a confectionné. C’est l’archétype de base de l’héroïne normale, un peu naïve mais avec une grande gueule en plus, chose assez appréciable dans la plupart des cas. La demoiselle a en effet une assez forte volonté et n’hésite pas à l’exprimer assez souvent (remember la gifle dans la route de Noa). Malheureusement elle semble avoir complètement laissé son cerveau et son sens commun à l’entrée de la « True Route » qui de ce fait devient un véritable calvaire parce que Madame est plus fichue de réfléchir 5 secondes.
Rokuhara Itsuki (CV: Ishikawa Kaito)

Première route qu’on est censé faire tant cette dernière n’implique pas de grands enjeux, je dois dire qu’Itsuki est de loin le personnage que j’ai le moins apprécié (comme quoi le seiyu fait pas tout). C’est un camarade de classe de l’héroïne, se chargeant avec elle de l’organisation de la bibliothèque de l’école. Il vient d’une famille très aisé et de ce fait, est très populaire auprès de la gente féminine (lol parce que oui l’argent a le même effet que les phéromones voyons) le hic c’est que lui semble être mal à l’aise auprès des femmes. Sauf l’héroïne, visiblement, elle ça va.
Cette route est un calvaire autant pour sa construction qui rend le développement du personnage complètement chaotique que pour toutes ses décisions stupides prises au nom de motivations vraiment douteuses. Je comprends vraiment pas comment ce perso a fait pour se retrouver 2ème au sondage de popularité de ce jeu.
Chitose Kotarou (CV: Eguchi Takuya)

Le personnage qui m’a fait reprendre espoir, merci d’exister. Il s’agit de l’ami d’enfance de l’héroïne, d’un an plus âgé qu’elle. Obviously déjà amoureux d’elle depuis des milliard d’année de friendzone, c’est un jeune homme simplet mais attachant. Bon, le scénario de sa route reste un peu la même merdasse niveau narration, mais le personnage de Kotarou étant un peu plus agréable qu’Itsuki, bah ça passe drôlement mieux.
Après, c’est limite le même mélo-drama avec juste un perso plus attachant et des traumatismes légèrement plus développés. Sa relation avec l’héroïne sort pas non plus d’un trou noir et même si c’est des explications clichées, pour le coup ça passe.
Toujou Noa (CV: Masuda Toshiki)

Sans doute la meilleure route et par là j’entends la seule route à peu près cohérente et bien construite. Noa est un lycéen en troisième année sécheur mais qui par on ne sait quel miracle parvient toujours à avoir des bonnes notes. Il connait lui aussi l’héroïne depuis l’enfance et la considère comme une petite sœur (oups)
Cette route est aussi celle où l’héroïne est plus cool parmi toutes les autres, bref la route de Noa c’est un peu la petite fleur cachée dans la marre d’étrons.
Ayame Sadao (CV: Kishio Daisuke)

Infirmier de l’école, c’est un homme efféminée très bienveillant envers ses élèves. Sa route permet d’introduire la plupart des enjeux et est donc de ce fait assez intéressante et dotée d’une narration assez passable. En revanche la relation Ayame-senseixHéroïne est un peu meeh et manque cruellement de développement pour que le couple soit crédible.
Les actions du personnages sont pour la plupart assez incohérentes pour ne pas dire stupides et ses motivations assez clichés et recyclées.
Akazukin / Le Petit Chaperon Rouge (CV: Saiga Mitsuki)

Il s’agit du mystérieux personnage sauvant au début de l’histoire l’héroïne du loup. Il (parce que LE Chaperon mais oui c’est un garçon) décide de rester auprès de l’héroïne pour la protéger. Selon lui, il vient du « monde du livre d’images » et a pour objectif de tuer le loup, qu’il évoque tout le temps de façon très vulgaire (« chien de merde« ), contrastant avec l’image qu’on a du Petit Chaperon Rouge inoffensif. Seule l’héroïne est capable de le voir et d’entendre sa voix, elle peut aussi lui parler par télépathie. Durant la partie d’escape c’est lui qui donne les directives la plupart du temps.
Sa route ne se débloque qu’une fois les autres achevées, il s’agit du final répondant à toutes les questions… mon œil car elle enfonce un peu plus certains personnages (à commencer par le loup) dans l’incohérence. J’aurais vraiment voulu apprécier cette route et ce personnage, mais la stupidité de ce dernier (et de l’héroïne qui laisse son cerveau à la porte d’entrée) m’a vraiment rebutée, d’autant plus que le dénouement est extrêmement prévisible en vu des indices laissés dans les autres routes.
Système
La seule chose qui m’empêche de regretter mon achat (de 8 euros lolz), c’est bien les jeux d’escape qui pop dans l’histoire aux moments où nous devons nous enfuir afin de ne pas être dévoré. La prise en main est assez sympa et on se sent très vite concernées. Le principe est simple: une map avec un but qu’il faut atteindre sans se faire attraper dans un décompte de 10 minutes, avec quelque fois une histoire de clés pour complexifier la chose.

Il y a beau avoir plusieurs niveaux de difficultés qu’on règle dans les options, n’est-il que même en facile ça risque d’être galère pour peu que vous ne soyez pas habitué/que vous n’aimez pas ça et là, le jeu risque vraiment de vous tomber des mains. Personnellement avec l’aide de la patience et du masochisme j’ai réussis à en venir à bout. Le jeu étant à l’origine assez court, j’ai quand même l’impression d’avoir passé plus de temps à essayer de gérer les escape qu’à lire.
Beaucoup de personne se sont plaintes de bugs pendant l’escape rendant le jeu impossible à cause de multiples crash, personnellement je n’ai eu que 2 moments où le jeu a crashé donc je vous conseillerai juste de faire attention à sauvegarder assez régulièrement. Il y aurait aussi un patch trouvable sur le net si vraiment c’est pas possible.
En plus de l’escape il y a aussi des parties Hunter ou cette fois c’est à nous d’essayer d’attraper le loup, je vous cache pas que là c’est beaucoup plus facile d’un coup.
Conclusion
Rear Pheles se veut être une représentation du Petit Chaperon Rouge assez glauque et surfant sur les tendances de psychologies complexes, sauf qu’il ne s’assume clairement pas et finit tout droit à côté de la plaque. La narration est tellement bâclée qu’il est très dure de se sentir concerné par les événements, hormis pendant les phases d’escape qui, si on omet les bugs, représentent à peu près tout ce que ce jeu a pour lui. Finalement, même ce qui est présenté comme étant trash semble assez bon-enfant, comme si le jeu venait nous dire « regarder les persos peuvent tourner yandere mais quel profil psychologique complexe waaaaw ». Surtout qu’on mêle ça à la thématique d’Halloween qui est ici présentée comme une joyeuse petite kermesse, la crédibilité s’est tout simplement barrée. Pourtant, je me suis relativement bien amusée mais si vous n’aimez pas vous prendre la tête: restez loin.
Scénario
Système
Graphismes
Sons
Note personnelle
Contenu
Balance intrigue/romance:
Juste milieu
Violence:
Modérée
Contenu sexuel:
Modéré
2 réflexions sur “Rear Pheles ~Red of Another~, Halloween faussement glauque”