Haitaka no Psychedelica, ou sur nos terres Psychedelica of the Ashen Hawk (qu’on va raccourcir à PAH si vous le voulez bien) et un jeu développé par Otomate sortis en 2016 au Japon puis pas plus tôt que ce juin 2018 en occident grâce à AKSYS Game (on les embrasse). On y retrouve grosso le même staff que son prédécesseur Psychedelica of the Black Butterfly, avec quelques nouveaux noms tel que Yoshino Yuuji qui se charge de composer la BGM.
Synopsis
L’histoire se déroule dans une ville sans cesse enneigée au sein de laquelle deux puissantes familles rivales régissent: les Loups et les Faucons. Dans cette ville moyenâgeuse subsiste une rumeur comme quoi tous les malheurs sont dus à la malédiction d’une sorcière aux yeux rouges. Jed, une jeune fille dont l’œil droit a pour particularité de virer au rouge à chaque choc émotionnel est donc contrainte de vivre hors de la ville dans une tours et s’habille en garçon depuis son plus jeune âge. Pour subvenir à ses besoins à et ceux de son colocataire le mystérieux « Maître de la Tour« , elle travaille pour les habitants de la ville en tant qu’homme à tout faire mais un beau jour, elle reçoit pour demande de retrouver le Kaleîdo-Via, un joyaux symbolisant la paix entre Loups et Faucons…
Nous suivons donc les aventures de Jed qui découvrira les mystères de cette ville ainsi que ceux de sa propre naissance… //insérer musique épique//
Prise en mains
Vous vous souvenez quand j’ai dit que le système de PBB c’était le bombe mais qu’avec les short stories qui pétaient de partout ça pouvait être relou pour la construction ? Bah là on se retrouve avec la même Flowchart mais en un peu moins décousue: On a une route commune avec un dénouement complet et propre et plusieurs branche qui se fixe à cette dernière à des moments bien distinct conduisant à des fins plus ou moins sympatoches. On Retrouve donc cette même construction mais avec une histoire plus dense.

Autre petite chose, il arrive qu’entre deux scènes/chapitres il y a des map durant lesquelles Jed peut se balader pour débloquer des scènes ou parler avec les citoyens de la ville. Les « S » dont des petites scènes, certaines étant plus importantes que d’autres car permettant de débloqué la suite de l’histoire (le M). Les loupes représentent quant à elles des interrogatoires, des questions précises qui sont posées à divers personnages (DONT l’héroïne, durant ces apartés les personnages s’adressent directement à la joueuse.) Même si les maps peuvent être votre hantises en début de jeu, il est tout de même recommander de les achever histoire d’en finir une bonne fois pour toute.
Personnellement j’ai beaucoup aimé l’interactivité de la chose, ça change des VN où on se contente de faire défiler du texte.
Personnages
Même si c’est pour ainsi dire le principal dans un Otome Game, comme son prédécesseur PAH casse les codes en proposant des personnages dont le développement ne se produit pas via leurs routes personnelles mais s’active de façon globale dès la route commune qui sert de tronc et de branche principale à toutes les autres. Je vais aussi parler de personnages secondaires qui, même en n’ayant pas de route à proprement parler mérite toute l’attention et sont tout aussi acteurs dans l’histoire que Jed et son harem.
Jed/Eiar (CV: Tamura Mutsumi)

Les mots me manquent pour vous dire à quel point j’affectionne cette héroïne. Jed remplit grosso modo toutes les cases qui font une bonne protagoniste pour ce genre d’histoire: elle est doublée, sait se battre (donc se défendre) et à du caractère… Et c’est pas un caractère de chiotte comme certaines héroïnes présentées comme étant de « fortes têtes » mais qui finalement se révèlent être juste insupportables. Jed elle est gentille mais pas trop, badass et pourtant ultra chou par moment, courageuse mais doute quand même, forte mais pas invincible et encore moins insensible. Si vous cherchez une héroïne forte j’ai presque envie de dire que PAH est un must en la matière.
Le titre de l’article est pas là pour rien: Jed est un gros point central et positif de ce jeu tout en vivant dans la peau d’un homme la majeure partie de l’histoire. Quand la plupart des héroïnes d’Otome renvoie à un certain culte de la féminité douce et délicate, Jed est une héroïne travesti qui se complet dans ses vêtements et ses manières d’hommes, sans pour autant nier sa part de féminité (notamment lorsqu’elle tombe amoureuse et etc.) Je sais pas vous mais j’aime Lady Oscar perso. « mais dis donc elle est parfaite cette petite » alors oui… mais non !! Jed a des défauts, ces derniers ne la rendant que plus réaliste. Au travers de ses différentes péripéties, elle va apprendre que le monde peut être cruel et qu’elle aussi peut le devenir en retours, Jed a beau être présentée comme une personne généreuse et altruiste, ce n’est pas pour autant un ange descendu du ciel exempt de tout sentiments noirs.
Il est possible de désactiver la voix ainsi que le spirit même si je trouve ça personnellement extrêmement dommage. J’ai aussi vraiment apprécié le fait que le personnage de Jed ne serve pas à ridiculiser les autres personnages féminins. elle est certes un peu présentée comme « cette femmes pas comme les autres » mais Tee et Fransisca sont toujours présentée comme charismatiques.
Lugus (CV: Furukawa Makoto)

Lugus, c’est, après Jed, la deuxième raison de devenir complètement dingue de ce jeu, surtout si votre corde sensible est touchée (ou alors c’est juste moi, ce qui est FORT PROBABLE) Lugus a plusieurs particularités: celle d’être canon… et celle d’être vraiment TRÈS canon. Je parle là autant du chara design que du fait que tout le scénario pousse Jed vers Lugus, même dans les routes qui sont pas la sienne. D’ailleurs, il est tellement canon que la True End pourrait être rebaptiser « Lugus True End », le plus dur, c’est d’imaginer l’héroïne avec quelqu’un d’autre (#J’yArriveToujoursPas), dites moi si vous aussi après avoir fini le jeu vous avez refait la True End pour que Lugus réapparaisse sur l’écran de démarrage. Il s’agit du fils d’Olga, le chef des Faucons, Lugus suit en premier temps aveuglement les ordre de son père qu’il respecte plus que tout. Il rencontre d’abord Jed puis, suite à un malentendu fait la connaissance d’Eiar (qui n’est autre que Jed avec une perruque et une robe)… dont il tombe quasiment instinctivement amoureux (QUEL HOMME-). Ce coup de foudre contrastant avec sa carapace froide fait de lui un personnage mine de rien extrêmement attachant et sa relation avec Jed est de loin la plus riche en rebondissements (qu’ils soient positifs ou négatifs d’ailleurs ewe).
Le truc bête c’est que l’héroïne développant déjà une indéniable attirance pour lui dans la partie commune c’est bien dur d’assumer les autres routes à caractère romantique.
Lavan (CV: Hino Satoshi)

Beau, grand, fort, Lavan est en quelque sorte un mélange du grand-frère et du gendre idéal en apparence. Toujours au petit soin pour Jed, Lavan est ce genre de personnage tellement gentil qu’on ne peut que s’en méfier. Même sans rien faire de foncièrement abjecte, Lavan m’a quand même inspiré une certaines crainte, une sorte de « Je sais que ça va péter te fou pas de moi » sauf que non, ça pète pas (heureusement d’ailleurs – on devient parano quand on sait qu’il est doublé par le seiyu de Toma d’Amnesia). Lavan est dès le début de l’histoire, avec son frère Levi, le premier allié « actif » de Jed, ayant grandis en partie avec lui (qui est en fait elle – suivez un peu), Lavan suit le rôle du grand-frère attentionné à la lettre mais garde en lui une certaine amertume.
Personnellement ce personnage m’a plus oppresser qu’autre chose, même sans rien faire de réellement malsain, j’ai eu du mal à passer de mon moment avec lui, sa « route » étant assez bitter-sweet.
Levi (CV: Saitou Soma)

Levi, ou le perso adorable grâce à l’étiquette « GAY FOR JED » qu’il porte fièrement. C’est bien simple, malgré tout ce qu’il peut faire: je ne peux pas détester Levi. Levi est le petit frère de Lavan mais demeure beaucoup plus sanguin que ce dernier, considérant lui aussi Jed de la famille, il n’hésite pas à clamer l’importance qu’il lui voue (en toute bonne bromance, évidement). Levi a beau être un personnage comique en début, il est loin de se résumer à sa jovialité, surtout quand on sait ce qu’il y a derrière. Étrangement, Levi est sans doute celui dont l’amour envers Jed s’avère être le plus sain, malgré des circonstances assez catastrophiques.
Je tiens aussi à souligner le travail de doublage, j’aurais jamais deviné que c’était Saitou Soma, ce qui prouve bien que cet homme à du talent.
Hugh (CV: Namikawa Daisuke)

Hugh est le personnage mystérieux, il apparaît comme par magie devant Jed à certains moments de l’histoire pour lui venir en aide. Comme ça, pour le plaisir dirait-il. Dur de parler de lui sans spoiler tellement ce personnage agit comme une espèce de brume sur l’histoire. Finalement, j’ai pas grand chose à dire sur lui si ce n’est qu’il représente à lui seul ce qui fait la force et la faiblesse des jeux Psychedelica: du mystère mais des explications volontairement laissées de côté. Alors, si vous aimez réfléchir par vous-même du pourquoi du comment, vous allez adorer. Personnellement j’en garde une certaine frustration même si le côté « conte de fée à achever » a un certain charme.
Le Maître de la Tour / Faucon Cendré (CV: Hirakawa Daisuke)

(On va dire MT sinon je pète un câble) Ce personnage a pour particularité ‘avoir une fin « non-romantique ». MT est l’étrange colocataire Jed, vivant avec elle dans la tour et semblant totalement dépendant de cette dernière et de sa cuisine. Il se présente lui-même comme un fantôme et dit souffrir d’amnésie. Il est feignant mais très prévoyant à l’égare de Jed pour qui il éprouve une tendresse… attendrissante. Etant un des rare personnage au courant pour le secret de Jed, il a pour habitude d’embrasser son œil pour lui éviter de tourner au rouge, chose qui gêne la jeune fille autant qu’elle la soulage. Sans déconner, même sans aller dans le romantique le duo qu’ils forment reste des plus touchants.
*emoji qui pleure*
Personnages secondaires
Le Visual Novel faisant passer l’intrigue bien avant la romance, l’action n’est pas strictement focalisée entre l’héroïne et les différents prétendant, ce qui donne une importance plus grande aux personnages dit « secondaires » contrairement au standard des Otome Games.



Tee, par exemple, qui est de loin ma petite chouchoute. petite sœur de Lugus attachée à son frère et respectant elle aussi son père Olga. Tee a en début de parcours tout de la princesse pourrie gâtée qui aime marcher sur les Loups, mais il s’avère qu »elle soit en réalité une jeune fille cachant derrière ses grands airs une innocence et une gentillesse qu’on a plaisir à découvrir. Tee si tu m’entends, sache que je t’aime et qu’il ne se passe pas un jour sans que je prie pour un fandisc avec une route rien qu’à toi (elle le mérite). Autre douceur: Fransisca, la chef des Loups, maman de Lavan et Levi qui est un personnage beaucoup moins cernable qu’il n’y paraît, au même titre qu’Olga l’impitoyable chef des Faucons.


Il y a aussi Lawrence et Elric qui sont très clairement des clins d’œil au précédant jeu Psychedelica of the Black Butterfly. Lawrence est en charge d’une église dans laquelle Elric, orphelin voyou réside. Leur relation est un savant mélange d’amour parental et de « eh mais t’es pas mon père !!!! ». Bref, un régale.
Scénario
Son prédécesseur avait des allures de thriller à suspense, celui-ci est un véritable conte chevaleresque sans pour autant tomber dans le féerique. Ici, l’univers est gris, presque cendré en concordance avec le titre « Psychedelica du faucon cendré« . Cette ville moyenâgeuse recouverte de neige où le printemps ne vient jamais et ses habitants sont pleins de mystères auxquels Jed se heurte pour le meilleur comme pour le pire. Le quotidien des personnages est rythmé par du passif-agressif dû aux tensions entre les deux clans Loups et Faucons, ce qui n’est pas sans rappeler Roméo et Juliette surtout dans le cas Jed x Lugus. PAH prend des allures d’épopée héroïque en proposant une héroïne qui n’a rien à envier aux chevaliers de Camelot ainsi des thématiques fortes en dehors de l’amour telles que le sacrifice de soi, la fragilité de nos esprits, le pardon et… la mort.

On pourra dire ce qu’on veut sur la romance dans PAH: cette dernière n’est pas dénuée d’intérêt. Enfin… En réalité ce n’est pas vraiment de la « romance » dont il s’agit là mais de l’amour, l’amour sous toutes ses formes et pas seulement romantique. Oui, Jed est aimée tout le long de l’aventure, par bon nombre de personnes de son entourage. Fransisca éprouve pour elle un amour maternelle qui, bien que complexe, reste extrêmement puissant. Idem pour le Maître de la Tour qui tient à Jed comme s’il s’agissait de la prunelle de ses yeux sans pour autant développer de sentiments romantiques, une tendresse qui est largement réciproque. Parmi les personnages aux fins romantiques, même rengaine: aucun ne se ressemble. Lavan éprouve un amour passionnel tandis que son frère Levi ressent une attirance s’approchant plus de l’ordre du psychique, un amour qui naît même indépendamment du genre de Jed. En ce qui concerne Lugus, c’est bien simple: le coup de foudre, le chaud-froid intense. Aimée de tous est Jed, aimante envers tous la voilà et ça à mon sens quelque chose de merveilleux dans les héroïnes de Psychedelica (cette remarque concerne donc aussi Beniyuri): elles tiennent sincèrement à leur entourage, et c’est pas juste pour planter le décor. Dès le début, Jed aime Fransisca, le Maître, Lavan et Levi.
Conclusion
Quand j’avais vu ce tag utsuge (« jeu depressif », désignant les jeux avec peu voire 0 happy end) sur PAH je m’étais préparée à ma mort. Un utsuge se défini par l’absence de véritable Happy End au sens commun du terme (cad le « Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants »). Rassurez-vous, ça ne veut pas dire que PAH est uniquement composé de Bad Ends, juste que peu de fins arrivent à une réelle résolution de l’intrigue, c’est pourquoi je déconseille fortement ce jeu si votre seul but est de trouver un Otome Game classique se rapprochant plus du date-sim qu’autre chose. PAH, c’est une véritable aventure avec du mystère et du rebondissement. La partie commune est la plus importante et la plupart de la romance est inclue dans cette partie avec le développement des personnages qui fonctionnent ensemble, au même titre que pour son prédécesseur Psychedelica of the Black Butterfly. D’ailleurs je vous décommande très fortement de jouer à Ashen Hawk sans avoir fait Black Butterfly tout simplement parce que c’est ce priver d’une partie du plaisir, sans oublier que certaines scènes d’Ashen Hawk n’ont de sens que si on connait Black Butterfly. C’est un Visual Novel susceptible d’intéresser du monde, notamment parce qu’il passe par dessus les standars en matières d’Otome et ça, ça fait du bien.
Scénario
Système
Graphismes
Sons
Note personnelle
Contenu
Balance intrigue/romance:
intrigue
Violence:
assez violent
Contenu sexuel:
Modéré