Cet article parle du dernier jeu de la série « Hana Awase New Moon » et de ce fait contient des spoilers non masqué sur les précédents volumes. Pour rappel les jeux se jouent dans un ordre qui est Volume Mizuchi > Volume Himeutsugi > Volume Karakurenai / Utsutsu > Volume Iroha.
C’est donc avec ce volume qu’on clot cette série d’articles. Ce qui ne veut pas forcément dire que je n’écrirais plus à propos d’Hana Awase étant donné qu’il y a toujours énormément de choses à dire.
Rien que le début est un peu compliqué à raconter. Pour faire court ; on est maintenant dans le Tokoyo (on définira ça après). Dans cet univers, l’empereur Momotose (hein ?) s’apprête à aller à la rencontre de la candidate Senki conformément à la prophétie pour l’épouser (hein??), accompagné de ses Kaei Iroha, Mizuchi, Himeutsugi, Karakurenai et Ime. Au même moment, Mikoto voit arrivée dans sa classe une nouvelle élève : Hinata, suite à quoi le lycée est en proie à la panique à cause d’une apparition d’oni, dont un mystérieux jeune homme serait le responsable. Tous les personnages vont se réunir autours de cette première bataille, et par la force des choses, Mikoto est reconnue par Momotose comme sa future épouse… Mais tout ne va pas se passer comme prévu et il s’avère que la jeune fille est prise pour cible. Afin d’assurer sa protection, Iroha est nommé à sa garde et aussi chargé de l’entraîner dans le but de faire d’elle une minamo digne de son titre de future senki.
J’ai déjà envie d’écrire un roman sur la présence de la version masculine de Momotose mais je vais garder ça pour /plus tard/.
Ce jeu ne comprend pas de routes alternatives. On a deux choix en tout et une seule vraie fin. D’ailleurs c’est assez compliqué de considérer ce jeu comme un Otome Game parce que…
La majeure partie du jeu se passe du point de vue masculin (celui d’Iroha) !!!
Personnellement ce n’est pas pour me déplaire parce que j’adore voire le sprite de Mikoto en grand eehehheh.
Plot & écriture
J’ai cru comprendre que peu de gens ont apprécié ce volume et franchement, c’est compréhensible : toute la tension mise en place par la route d’Iroha de Karakurenai / Utsutsu Hen s’effondre. Le jeu étant dénué de route, il se trouve être assez court. Le setting quant à lui est très peu expliqué, on a une tonne de nouveaux éléments.
C’était très dur à digérer. Je veux bien faire l’avocat du diable parce que je pense qu’on a vraiment des passages et des symboliques intéressantes, et qu’avec le recul, je vois à peu près ou les scénaristes voulaient en venir… Mais qu’est-ce que c’était lourd ! Et vas-y qu’on nous rajoute des références nordiques, égyptiennes, bibliques, sans nous laisser respirer——. Quand on se détache du reste de la saga je trouve la romance entre Iroha et Mikoto assez viable et attendrissante, mais on a quand même des énormes problèmes dans l’écriture du scénario. L’histoire est pas forcément mauvaise, mais elle est délivré d’une façon… particulière..?
Le tempo!!! Surtout celui de la phase d’entrainement de Mikoto qui est super longue et répétitive alors qu’on est à un moment de l’histoire assez tendu. D’ailleurs, durant cette phase, on a, comme dans tous les autres, la possibilité de jouer aux ranking d’Hana Utsushi. Sauf que le top 5 n’est pas occupé par les Brights du coup, ce ne sont plus du tout les mêmes enjeux (et il suffit d’être dans le top 10 pour continuer.) Vraiment, on a comme l’impression que l’effort n’en vaut plus la chandelle.
Il y a pleins de trucs un peu ???WTF?? Dans l’histoire (encore plus surréaliste que dans les autres épisodes, c’est pour dire…) mais ça avance de manière plus ou moins ok, sauf que c’est… très brouillon et mal expliqué. Maintenant, je me pose une vraie question : est-ce que c’était volontaire ? Parfois ça arrive que les auteurs aient des envies un peu sadiques et choisissent volontairement de truffer leur histoire d’image, de références et de sous-entendu, ce qui rend une partie assez dure à comprendre. Personnellement, je fais partie des personnes qui aiment bien ce genre de récit un peu challengeant, qui nécessite un peu de réflexion et de recherche ; mais n’est-ce pas un problème d’avoir rendu la compréhension du lore aussi inaccessible ? Je ne parle même pas de la barrière de la langue ; l’histoire est juste. Dure à comprendre. Et malheureusement pour vous, si vous jouez en anglais, j’ai peur qu’elle le soit encore plus, car la traduction est……bref….
Personnellement, j’ai joué au jeu deux fois et je pense avoir à peu près saisi le plus important, mais rohlala, est-ce que c’était vraiment nécessaire d’avoir fait aussi compliqué ? Et j’ai toujours besoin d’explication sur certaines choses.
Maintenant je vais parler de l’histoire plus en détail du coup spoiler voilà vous pouvez directement aller à la conclusion si vous ne voulez pas être spoilé.
Iroha et Mikoto


Le jeu semble complètement éloigné du reste de la saga au premier abord, pourtant il est truffé diverses références à des événements qu’on a déjà vus. Très franchement, au tout début, Iroha ne parait plus trop être ce qu’il était, car il n’a plus les caractéristiques qui le rendaient aussi particuliers dans les autres volumes. Comme son manque d’hygiène de vie et son incapacité à manger autre chose que des sucreries. Ses souvenirs datant du utsutsuyo (waking world) ayant été entièrement effacés, il ne reste de lui que l’essence « pure » de son être, on pourrait dire : son caractère stoïque, son sérieux et sa loyauté. Une loyauté qui est ici dirigée envers son empereur. Mais Iroha n’est pas le seul à subir ce genre de changement, Mikoto non plus n’est plus vraiment la même… ou bien ?
Dans les précédents volumes, le personnage de Mikoto se traduisait par ses difficultés à s’imposer et à dépendre des autres ; un trait de caractère qui n’est pas inné chez elle, car c’est quelque chose qu’elle a nourri suite au traumatisme d’avoir perdu ses parents. Sauf que dans le Tokoyo, Ren et Saneaki sont encore en vie. Mikoto n’a donc pas développé les mêmes traits de caractères et capacités que dans ses versions précédentes : elle est pleine de vie, limite effrontée et n’a jamais développé de talents culinaires. Son essence peut être identique, mais elle n’a pas eu les mêmes souvenirs, les mêmes expériences que ses autres versions. Est-ce alors vraiment la même personne ?
C’est un peu là tout le conflit métaphysique de la saga, et j’imagine que les interprétations peuvent varier. J’ai l’impression que toute la saga fait l’éloge d’un amour qui transcenderait « la vie » tout en reconnaissant la valeur de cette dernière. Et c’est d’ailleurs encore plus frappant dans ce volume lorsque Mikoto est comparé à une de ces précédentes incarnations : la version d’elle qui a épousé Utsutsu. Pour le coup le jeu tend à nous montrer qu’il ne s’agit pas « de la même personne », car même si toutes les Mikoto sont reliés par une même âme, une même essence, elles n’ont pas la même « vie ». Et toutes ses « vies » se doivent d’être reconnues et chéries dans leur singularité.
Si on va dans ce sens-là, on peut vite se rendre compte qu’il ne sert à rien de pleurer les souvenirs perdus d’Iroha. D’autant plus que par un concours de circonstances, Iroha et Mikoto vont se retrouver tous les deux plongés en enfances et revivre sans le savoir leur passé. J’avoue que cet arc ou ils redeviennent enfants tout en ayant une conscience adulte était un peu bizarre, mais la symbolique derrière tenait plutôt debout… je pense ? Mis à part ça, je trouve la relation entre Iroha et Mikoto dans l’ensemble assez attendrissante… C’est vrai qu’il y a toujours un côté frustrant de se dire que tout ce qu’on avait vécu avec le personnage d’Iroha durant les autres volumes est passé aux oubliettes. Cependant, j’avoue que cette deuxième relecture m’a permis d’apprécier leur nouveau départ et quelque part, je pense même que c’est beaucoup plus sain pour leur relation de cette manière. On pourrait facilement se sentir trahir, mais d’un autre côté n’est-ce pas là toute la pâte d’Hana Awase ? Si on fait attention depuis le tout début, la saga cherche à nous tromper presque volontairement en nous proposant des personnages qui semblent obsédés par Mikoto quand ils ne peuvent pas l’avoir, mais se montre hésitants quand c’est leurs tours. Toute la série joue sur la complexité de ses personnages en allant à contre-courant des attentes qu’elle construit.
Ainsi donc, tout le début du jeu fait l’effet d’une douche froide, surtout si vous enchaînez tout de suite après le précédent volume. Iroha s’incruste dans le quotidien de Mikoto et l’entraîne seulement dans le but de la rendre « digne de l’empereur », au grand malheur de la jeune fille. Cependant, avec le temps, une relation de respect va commencer à se former entre les deux personnages. Malgré des débuts assez explosifs, Iroha va finalement avoir une influence assez positive sur Mikoto, il fait d’elle quelqu’un de plus fort et de plus capable en tant que Minamo. C’est ainsi qu’ils vont petit à petit former un réel duo, être de vrais « partenaires » s’entraidant face à l’adversité et développer petit à petit des sentiments amoureux, indépendamment de leur propre lore tragique.
Problème que j’ai rencontré (qui n’est pas vraiment un problème mais bon) c’est la présence de mon petit préféré Utsutsu qui est vraiment??? Roi du monde ??? Un tel charisme qu’à partir d’un moment je m’en fichais un peu de la relation iromiko…(oups). J’ai failli ne pas dériver…

Tokoyo et Utsutsuyo
Personne semble avoir compris avec certitude c’est quoi le tokoyo et l’utsutsuyo dans le lore d’Hana Awase, ce que je vais écrire relève donc plus de l’interprétation personnelle donc prenez ça avec un grain de sel.
D’après les précédents volumes, le tokoyo et l’utsutsuyo était jadis un seul univers qui aurait été séparé ; et le kasen aurait été un moyen de faire la guerre entre les deux mondes. Ces deux mondes parallèles présenteraient les mêmes âmes, les mêmes personnes. De ce qu’on voit dans Volume Iroha la différence la plus frappante entre les deux c’est… le blanc. Le noir des uniformes de Kaen est remplacé par le blanc et au même titre tout semble plus… « pur »…? Si on oublie la présence de démons qui rodent (perçu comme une anomalie), le Tokoyo a tout d’une utopie selon le point de vue. En effet, c’est un monde ou les parents de Mikoto ne sont jamais morts, ou personne n’a fait de rituel satanique pour la tuer quand elle était petite. Et surtout Momotose, revenons à Momotose; le fait que l’empereur soit un homme ici lui donne des droits que sa version féminine ne semble pas avoir : celui de courtiser sérieusement Mikoto sans que ce soit balayé par l’excuse de « la bonne amie ». Pourtant, on ne reste pas dans ce Tokoyo si longtemps que ça… Et pour cause :
Ce n’est pas le monde « vivant ». « Tokoyo » est un terme vague qui désigne un monde parallèle au nôtre que certains auteurs ont décrit comme étant peuplé de personne qui ne vieillissent pas (donc, qui ne vivent pas.) En ce qui me concerne, je trouve que l’opposition utsutsuyo (monde éveillé) et tokoyo (monde éternel) se rapproche pas mal du concept bouddhiste de « Samsara » et « Nirvana ». Le Samsara désignant le monde dans lequel nous vivons : une existence vouée à se répéter encore et encore dans la souffrance jusqu’à atteindre « l’éveil » (aka devenir Boudha), cet éveil qui nous ouvre les portes du nirvana: une sorte de Paradis éternel, en dehors du cycle des réincarnations. Est-ce que ça vous parle…? On retrouve cette même notion d’ « éveil » dans la saga pour parler des pouvoirs de Senki en Mikoto. Mikoto après toutes ses vies aurait gagné le droit d’arriver au « paradis » (tokoyo) pour vivre avec ses parents et finalement… C’est le monde mortel qu’elle et Iroha choisissent. Car le paradis n’a pas de sens sans l’être aimé.
J’ai vraiment besoin de parler d’elle…
Momotose

Momotose se révèle donc être l’empereur/l’impératrice dans ce volume, mise à part son genre qui change d’un monde à l’autre on constate aussi que la Momotose du Utsutsuyo occupe sa position de manière différente, elles se fond parmi les autres et remplis ses fonctions « dans l’ombre ». On a pas vraiment d’explication sur ce choix, mais le fait que comme de par hasard, c’est la version masculine qui a le droit à être officiellement reconnu comme empereur sans se cacher…….. Il y a une différence assez frappante entre les deux versions de ce même personnage : la façon dont ils témoignent leur amour pour Mikoto. L’Empereur du Tokoyo n’hésite pas : dès qu’il voit la jeune fille, il la reconnait comme sa future fiancée, ne lui donne pas réellement le choix et ne fait pas preuve de retenue. La Momotose du Utsutsuyo, elle a aussi des tendances très tactiles et affectueuses avec Mikoto, mais ne va jamais concrètement la poursuivre romantiquement ; elle se montre juste honnête avec ses sentiments sans pour autant chercher à la restreindre, ayant totalement conscience qu’un avenir avec elle n’est pas possible. On pourrait penser que la version féminine de Momotose ressent uniquement un amour pur pour Mikoto dénué de tout désir, contrairement à sa version masculine. C’est une interprétation que je ne partage pas personnellement, car on a plusieurs scènes ou Momotose/f est en recherche de contact physique et semble témoigner un intérêt charnel pour Mikoto. Mais je pense aussi que l’hétéronormativité joue énormément dans la façon dont le personnage de Momotose a été écrit, ainsi que dans la façon dont elle est perçue. Son amour pour Mikoto est-il vraiment « pur et dénué de tout désir » ou est-ce qu’on est poussé vers cette vision parce que c’est une femme et que par conséquent, elle est moins « prise au sérieux » ?
Et c’est là que le volume nous lache une bombe: Momotose = Tsuzura = l’empereur qui aurait causé la mort de la senki. Alors que Tsuzura représente un désir obsessionnel pour la senki qu’il n’a pas pu abandonner, Momotose est son amour irréalisable (quelque chose de beaucoup plus pur et motivé par l’envie de la revoir en vie).
Il y a encore pas mal de choses à dire sur ce personnage mais je vais m’arrêter là car l’article est déjà beaucoup trop long pour ce qu’il devrait être.

Je tiens juste à revenir sur cette scène car la traduction anglaise a complètement foiré. Dans ce passage Nino parle au nom de Momotose en tant que « son dernier regret », la vraie traduction serait plutôt « Je voulais être un homme en mesure de la protéger, pourquoi a-t-il fallut que je sois une femme… ». Ce passage est pour moi complètement cruciale car c’est une des rare traces d’ego de la part de la Momotose de l’Utsutsuyo et de son désir profond d’être avec Mikoto. Pour être honnête je suis contente que même la version M de Momotose n’ai pas le droit d’être avec Mikoto; parce que si ça avait été le cas ça aurait vraiment donné l’impression que la seule chose qui empéchait leur union c’est le fait que Momotose soit une femme; et ce serait vraiment trop horrible (surtout que à ça + quoi qu’il arrive avec Kagami dans les précedents, c’est limite s’ils ont pas cherché à écrire des lesbiennes(?) juste pour les rendre les plus malheureuses possibles????)
Conclusion
Cet article a mis beaucoup plus de temps que prévu et c’est notamment parce que même après une deuxième lecture, je sais toujours pas quoi vraiment penser d’Iroha Hen. Ce qui est sûre, c’est que la déception qu’a suscité ce titre est amplement justifiée, mais pour ma part je n’irai pas jusqu’à entièrement le renier. Malheureusement; le jeu est encore une fois victime de la très mauvaise traduction, j’ai très franchement envie de pleurer quand je pense à certains passages importants qui ont été complètement charcutés alors qu’ils étaient cruciaux pour la compréhension des personnages. Je n’ai toujours pas compris pourquoi la localisation s’acharne à genrer Kagami au neutre alors que la version japonaise utilise des pronoms féminins et qu’elle se présente explicitement comme une femme dès sa première apparition dans ce volume ??? (on a plus le droit d’être une meuf mascu ouuuuu—)
Scénario
Système
Graphismes
Sons
Note personnelle
Contenu
Balance intrigue/romance:
PLUTOT INTRIGUE
Violence:
ASSEZ VIOLENT
Contenu sexuel:
Modéré