On continue sur Hana Awase New Moon avec Volume Himeutsugi

Si vous ne savez pas en quoi consiste la saga : je vous renvoie vers l’article que j’ai écrit après avoir fini les jeux PC ainsi que celui que j’ai fait sur le précèdent volume (Mizuchi) qui explique les ajouts et modifications dus au portage sur Switch. Je ne vais pas forcément répéter toutes les informations liées à l’univers de base étant donné que ce volume se joue après celui de Mizuchi (en théorie), je vais donc juste me concentrer dessus.

N’hésitez vraiment pas à relire le début de l’article sur Mizuchi Volume si vous êtes nouveaux:

C’est donc partie pour ce deuxième volet °=°

La musique est banger.
  1. Introduction
  2. Himeutsugi et Mikoto, la princesse et le prince, ou les deux, ou ni l’un ni l’autre
  3. Autre routes
  4. Remarques
  5. Conclusion

Introduction

Le jeu commence un peu comme le précédent volume où Mikoto se réveille. Sauf que tout est beaucoup plus rapide et précipité. Dès qu’elle ouvre les yeux dans un train, elle est témoin d’une attaque de Decayed (utsuroi dans la VO) et est secourue par Iroha et Kagami, deux étudiants de Kaen. Une fois arrivée chez elle, elle se rend compte que ses amis ne sont pas du tout en phase avec ce qu’elle vient de vivre et se demandent si elle n’a pas tout inventé… Et là encore, elle se fait attaquer dans son domicile suite à quoi plusieurs têtes familières, dont Himeutsugi débarquent pour la sauver. Et finissent…par l’emmener…de force..? La plus grande différence entre ce volume et celui de Mizuchi au début, c’est la sensation que le temps presse, Mikoto n’a pas le temps de prendre une décision pour elle-même.

Autre grosse différence : le rituel du début ne se passe pas comme prévu et l’onifuda ne parvient pas à guider l’héroïne vers une nouvelle lune (=un nouveau destin). Pour pallier ça, Himeutsugi (CV: Tachibana Shinnosuke) se propose de jouer le rôle du partenaire de Mikoto en attendant que le rituel puisse se dérouler… Si le début du volume Mizuchi était correctement rythmé, avec une organisation qui roule ici, on est tout de suite sur quelque chose de plus chaotique : Mikoto est forcée de rejoindre Kaen, la première cérémonie plante, la deuxième je ne vous raconte même pas. C’est comme si la série s’éloignait volontairement de la conception de destin qu’il avait instauré avant.

Volume Himeutsugi n’est clairement pas la partie la plus distrayante de la saga à mon humble avis, et elle risque de surprendre aussi bien positivement que négativement. Par contre, elle entre un peu plus en profondeur et propose de toutes nouvelles pistes de lectures. À commencer par l’importance du fameux rituel pour lancer Mikoto sur un destin « tout tracé », et finalement ce n’était pas plutôt à elle seule de choisir avec qui et quand ? Alors que Volume Mizuchi semblait proposer une lecture très régie par des règles strictes, on a ici quelque chose de beaucoup plus incertain et fluide. C’est une sensation très importante à mon sens pour saisir la poésie de la saga, car elle ne fera que s’amplifier au fil des volumes.

Comme introduit dans sa route volume Mizuchi: Himeutsugi il a *une* hyperfixation et c’est celle des rôles genrés de conte de fée « prince » et « princesse ». Malheureusement pour lui, il se trouve qu’il est une princesse : sympa avec tout le monde, acceptant l’affection de tous, etc. Il accepte ce rôle et entretient avec les minamo de sa classe une dynamique très… étrange ? inspirée de l’aristocratie européenne : les filles de la classe Moonlight sont « ses servantes »(maid) et prennent soin de lui en échange de quoi il T-pose en souriant. Dans ce paysage un peu aristocrate, le rôle du « prince » étant tenu par sa propre Minamo: Kagami, une jeune fille androgyne qui est même souvent confondue pour un homme. C’est d’ailleurs un personnage que je trouve extrêmement intéressant, car elle se positionne de manière inversée à Himeutsugi, presque comme un miroir (son prénom se prononce d’ailleurs de la même façon que « miroir » en japonais mais il faudrait y consacré un article entier et ce sera une mission pour la moi du futur. Un futur très lointain.). C’est aussi une autre représentation saphique assez explicite <Spoiler> Encore un volume dans lequel Mikoto se fait embrasser sur la bouche par une fille gg à elle. </fin du spoil>.

Les membres de la classe moonlight sont réputés comme étant assez calmes et gentils, Mikoto semble y être plutôt bien accueillie aux premiers abords. Comme pour toutes les classes, les minamo idolâtrent leur Kaei et même si c’est toujours vrai ici, on se demande parfois si ce sont pas plutôt elles qui ont de l’emprise sur Himeutsugi, même inconsciemment. Mais c’est complètement logique, car Himeutsugi est une princesse, et dans les contes de fée : les princesses ne gouvernent pas.

Himeutsugi et Mikoto, la princesse et le prince, ou les deux, ou ni l’un ni l’autre

Himeutsugi se propose au départ pour être le partenaire « par défaut » de Mikoto en attendant que le rituel de la carte de l’Oni réussisse et élise le vrai partenaire de la jeune fille. Dès leur première rencontre, il croit voir en elle sa « princesse » : une jeune fille ~douce et fragile~ qu’il peut protéger. En d’autres termes : quelqu’un qui lui donnera /ENFIN/ la chance d’être « un prince » (son grand rêve). Évidemment, ça n’a rien de sain et on remarque vite qu’Himeutsugi est très loin d’être un ange. C’est un garçon qui se révèle assez immature, il a des comportements dérangés qui frôlent sans arrêt avec les limites sans les atteindre ; chose qui joue énormément avec la bonne volonté de Mikoto qui de ce fait va avoir tendance à systématiquement chercher à le soutenir. Sa route est extrêmement anticlimatique quand on la compare aux autres mettant en scène le personnage. En effet, vous ne verrez pas Himeutsugi partir en mode full yandere. Ici ce n’est qu’un jeune homme assez lâche et pathétique devant compter sur le soutien inconditionnel de l’héroïne dont on ignore d’où elle arrive à tirer toute cette bonté et cette patience. Himeutsugi est un garçon complètement prisonnier, d’abord de son rôle de princesse, mais aussi de sa lâcheté et etc. C’est donc à Mikoto de le délivrer à la manière d’un « prince ». Un rôle qu’elle ne va pas garder, car finalement tout l’intérêt, c’est de se dire que les rôles et le destin n’ont pas l’importance qu’on leur accorde. Il y a une notion qui est très souvent répétée dans cette route : c’est celle d’accepter, d’accueillir l’autre (Himeutsugi en l’occurrence). Lorsque Mikoto arrive pour le sauver, elle ne dit pas seulement « Je suis venue te sauver/te chercher » mais bien « Je suis venue pour t’accepter/t’accueillir » ; la nuance est très importante pour moi, car dans le deuxième cas, on est sur un mouvement de 2 personnes qui vont l’une vers l’autre et pas quelque chose d’unilatérale.

Autre point que je ne peux PAS taire quand on parle d’Himeutsugi: le mec. a vraiment. beaucoup. envie de baiser. Alors évidemment on est dans Hana Awase blabla Mikoto doit rester vierge blabla MAIS c’est complètement le jeu de la saga le plus horny; et ça même avec la censure de la version switch (il gémit beaucoup plus sur PC, genre, vraiment beaucoup). J’ai limite l’impression qu’au début le sexe (très grossièrement) c’est sa seule façon de performer une sorte masculinité dont de base, il est un peu dépourvu de par son rôle de princesse. Du coup, il a aucun complexe et ne retient pas ses mots, ni ses mains.

J’ai l’air d’avoir beaucoup critiqué Himeutsugi mais je vous promets que j’apprécie énormément le personnage et son écriture malgré le fait que ce soit un gros trouillard.

Autre routes

J’avoue ne pas avoir trouvé la plupart de ses routes super rafraichissantes dans le sens où ça ressemblait un peu à ce qu’on avait déjà vu, mais avec une exploration plus complète du personnage d’Himeutsugi et de sa folie. C’est d’ailleurs une facette de lui qui n’est pas vraiment exploitée dans sa propre route, car les circonstances ne sont pas vraiment les mêmes.

Mizuchi (CV: Fukuyama Jun)

J’adore vraiment le personnage de Mizuchi et dans sa route, il est juste adorable, ce qui la rend encore plus triste et tragique parce qu’évidemment rien ne finit bien… On est dans une route où Himeutsugi pousse littéralement Mikoto dans les bras de son meilleur ami et adopte envers la pauvre des comportements très froids tandis qu’elle espère toujours pouvoir revenir à ses côtés. Pour faire face, elle va se concentrer sur son rôle de minamo et quoi de mieux que le sérieux Mizuchi pour remplir sa mission sérieusement ?! D’autant plus qu’il est volontaire à l’aider et bien que lui aussi éperdument amoureux de Mikoto, il ne va jamais réellement céder aux suggestions d’Himeutsugi… Qui, on s’en doute, ne va pas tenir très longtemps le rôle du cupidon. Cette route creuse encore en profondeur l’amitié et la rivalité entre Mizuchi et Himeutsugi. Et franchement, c’était du contenu de qua-li-té et quoiqu’on en pense, on ne peut pas nier que l’amitié entre les deux est sincère. Finalement tout est une histoire de balance et parfois ça penche du mauvais côté. Les deux fins sont pépites, toutes les deux un peu tordues à leur manière, mais sincèrement, je mange complètement de ce pain-là.

Karakurenai (CV: Hino Satoshi)

L’homme qui n’est pas dupe et va souvent interpeler Mikoto concernant l’hypocrisie entourant Himeutsugi et toute sa classe. J’avoue que même si j’ai aimé les fins; j’étais un peu triste de ne pas avoir réussi à apprécier Karakurenai autant que lors de sa route dans le volume Mizuchi (cad pas beaucoup de base, mais quand même..). J’ai trouvé le début vraiment trop dur envers Mikoto qui; non seulement subit agressions sur agressions, mais qui en plus se voit quasiment retirer le droit de se plaindre parce que « gnggn les circonstances » « en fait, il avait un plan-« . Et même si les minamo de sa classe sont globalement très sympas et font preuve de vraie sororité sans jalousie malsaine, je trouve ça toujours bizarre la manière dont elles acceptent d’être complices des pires fourberies du gars par pure obéissance. Mais avec le recul je pense que c’est assez normal : tout l’univers de Kaen est dérangeant par nature et chaque faction a ses propres vices. Dans cette route, on a une nouvelle fenêtre sur le perso de Karakurenai: le fait que même si toutes les minamo de sa classe sont « ses meufs » envers lesquels il a un devoir et des responsabilités, aucune d’entre elle n’est « sa meuf » (oui la nuance est importante). On a aussi droit à une nouvelle approche du personnage d’Hime…très tordue. Bien qu’une des deux fins sonnait un peu le réchauffer, l’autre m’a énormément marquée et que je pense la considérer comme une des fins les plus tragiques de toute la série (à titre personnel).

Iroha (CV: Terashima Takuma)

Lorsque j’ai joué à Hana Awase pour la première fois, cette route m’avait beaucoup marquée. La romance est très superficielle pour des raisons évidentes : Mikoto est amoureuse d’Himeutsugi et va chercher un moyen de le retrouver coute que coute ; le tout en étant accompagnée d’un Iroha dépité prêt à exécuter Hime à chaque instant. Il y a quelques détails qui me chiffonnent (comme le fait que Mikoto et Iroha soit menottés aux poignets, mais du coup comment ils font pour se changer..??) mais on est sur une route très importante pour le plot. Vraiment, toutes les routes d’Iroha sont centrées sur ça comme pour pallier au fait que le boug a 0 capacité émotionnelle (d’apparence). La présence de Momotose est encore une fois très importante, avec pour la première fois la mention de son poème thème qui a été traduit de manière… très sujette à confusion. (ce poème qui s’apparente en réalité plus à une lettre d’amour de la part de Momotose semble s’adresser à elle dans la traduction mais je vous avoue être moi-même assez peu confiante pour proposer une alternative en étant sûre de ne pas me planter..)

Remarques

C’est encore le moment du pense-bête que j’écris pour ma propre satisfaction; si ça vous intéresse pas vous pouvez passer directement à la conclusion.

  • Les antagonistes restent sur la thématique du jeu de tarot avec l’instruction du dénommé Chalice, le calice, donc la coupe. Le calice renvoi à l’image du saint-Graal dans la religion chrétienne ce qui s’accorde plutôt bien avec d’autre occurence (telle qu’un des personnages prononçant un verset finissant par « amen »). Sans oublier la mention de Sword (l’épée)
  • La comptine du « Boar Child » (inoko) récitée par Karakuri dans la route d’Iroha fait référence à un festival spécifique que l’on célèbre afin d’obtenir prospérité, en faisant et mangeant des mochi (comme l’indique la comptine). Le terme « inoko » peut se traduire littéralement par « enfant sanglier », je pense qu’il désigne notamment les enfants nés sous le signe astrologique du sanglier. Dans l’univers d’Hana Awase le terme désigne Iroha (dont l’anniversaire tombe pile le 11 Novembre, cad le jour du sanglier durant le mois du sanglier). Ce ne sera pas la première fois que vous entendrez parler d’astrologie chinoise.
  • Les minamo de la classe moonlight font des soirée célébrant l’égalité qu’elles appellent « jeu de paume » (oui, à la française). Et je trouve l’initiative de rappeler un évènement aussi décisif de la révolution française dans ce contexte précis quand on sait comment ça a fini par la suite…. assez cocasse.

Conclusion

Pour certaines raisons, j’ai eu énormément de mal à écrire cet article. Je ne suis pas toujours sûre d’avoir vraiment bien bosser oopsie. Lorsque j’avais fait l’histoire pour la première fois, j’avais l’impression que le volume Himeutsugi était très similaire à celui de Mizuchi et que le suivant (Karakurenai/Utsutsu) prenait lui un vrai virage. Mais avec le recul, je trouve que finalement, le changement était déjà en action ici et tout est beaucoup plus progressif que ce que j’avais cru. Sans doute parce que maintenant, je fais plus attention aux détails étant donné que j’ai déjà tout fait… Quoi qu’il en soit, je trouve le volume Himeutsugi pas complètement parfait ; mais toujours super intéressant. Le parti pris de ne pas jouer sur le côté yandere du personnage dans sa propre route, mais plutôt de mettre l’accent sur sa lâcheté ne risque pas de plaire à tout le monde. Mais après réflexion, je me demande si ce n’est pas là absolument assumé. On va retrouver un peu la même sensation chez d’autres personnages qui trahissent leurs premières impressions lorsque Mikoto leur est « destinée ». Quoi qu’il en soit, c’est un plaisir de vous annoncer que le prochain article traitera du magnifique, de l’incroyable Utsutsu la lumière de ma vie.

Si si on va parler de lui; on va BIEN parler de lui.

Scénario

Note : 4 sur 5.

Système*

Note : 2 sur 5.

Graphismes

Note : 4 sur 5.

Sons*

Note : 2.5 sur 5.

Note personnelle

Note : 4.5 sur 5.

*C’est le portage qui fait perdre des points…..

Contenu

Balance intrigue/romance:

Juste milieu

Violence:

ASSEZ VIOLENT

Contenu sexuel:

FORT

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