S’il y avait un vieux titre PSP à côté du quel je n’avais pas envie de passer, c’était bien celui là. Il faut savoir que j’aime bien alterner les ambiances et donc il me faut des jeux disons…un peu « spécial » de temps en temps.
Synopsis
« L’amour est désir, et le désir est manque. Ce qu’on n’a pas, ce qu’on n’est pas, ce dont on manque, voilà les objets du désir et de l’amour. » Le banquet de Platon.
« Tu n’arrives plus à te satisfaire des relations conventionnelles, pas vrai ? »
L’histoire se déroule dans un internat réputé, abritant en son sein nombre de célébrités et enfants issus de familles de pouvoir: l’académie Hakuou. Mais derrière cette façade resplendissante se cache un club que seul les initiés connaissent.. Le Date Club.Bien que les rumeurs concernant ce club circulent dans tout l’établissement, personne n’a vraiment été capable de tirer l’affaire au clair.
Les élèves instigateurs de ce club ont un but simple: faire courir la rumeur du club pour attirer des filles et les faire tomber dans leurs filets en leurs proposant des rendez-vous. Peut importe qui ils sont vraiment, les membres du club qui rependent des mots doux à la manière d’host professionnels sont devenus le sujet de discussion favori des filles.Ils se moquent bien des aspirations romantiques de leurs camarades qui viennent les voir, mais ces dernières, hypnotisées par leurs charmes se retrouvent incapables d’arrêter.
L’héroïne de l’histoire, Tsumori Nazuna est une jeune fille sérieuse qui a travaillé dur pour être parrainée à son entrée au lycée. Elle ne rêve que de continuer à se consacrer à ses études pour aller à l’université, mais son quotidien va être chamboulée quand elle devra intégré l’académie Hakuou pour des raisons familiale.
Pour ne rien arranger, Nazuna est prise pour cible par les membres du Date Club… Pourra-t-elle achever ses années lycée sans encombre ?
C’est un amour dangereux dont il vaudrait mieux ne pas s’approcher. Et maintenant vient l’heure pour les fleurs défendues d’éclore !
Prise en main
Le jeu est un VN classique avec une sélection d’évènements durant la route commune (qui dure 3 chapitres sans compter le prologue). À chaque chapitre, vous aurez une occasion de choisir avec qui l’héroïne partira en rendez-vous afin d’augmenter les stats’ du personnage choisi.


Il existe 2 stats pour chaque personnage : celle de l’interdit et celle de l’amour pur, ces stats vous dirigeront vers un type de route : Pure Love ou Prohibition, chaque route ayant une Hard et une Normale End. La notion de ce qu’est de « l’amour pur » ou non varie selon les personnages, ce qui peut donner des résultats assez surprenant en ce qui concerne le contenu de ces fins. En plus de ces fins, chaque route a 2 bad ends qui elles n’ont pas de CGs mais sont globalement assez pertinentes pour en valoir le coup selon les routes. Je conseille de faire au moins celles de Seri, Wabisuke et Aoi.
On remarquera les graphismes assez stylés, le vieux style de Kuroyuki me manque, j’avoue que ça me fait du bien de jouer à ses vieux titres. C’est peut-être assez particulier, mais j’aime bien l’esthétique. On est aussi dans un format de texte à l’horizontale, comme si on lisait un manga.



La petite particularité de Gekka Ryouran ROMANCE, ce sont ses événements de « Black Out », qui se déroulent à la fin des 4 premiers chapitres. Il s’agit d’événements mettant en avant le personnage avec qui vous avez le plus d’affinité via un jeu : il faut tourner le plus vite possible les sticks de la PSP afin d’écarter les rosiers noir qui masque une illustration. Le tout avec des lignes de dialogues digne de vos meilleurs drama CD avec du fan service pour tous les goûts. Ces événements ne sont pas à lésiner car ils permettent d’augmenter les stats. Il faut de préférence les maîtriser pour avoir accès à une Hard End sans trop se fouler.

Il n’y a pas spécialement d’ordre recommandé, les routes ne semblent pas se spoiler entre elles, mais certaines semblent apporter des éléments plus importants (Seri, Wabisuke et frères Kano). Pour information, la route de Daria est la plus détendue, ensuite vient Seri puis M. Fuji. Les routes de Wabisuke et Atsumori sont beaucoup plus violente et font étalage de beaucoup d’abus physiques et psychologiques. La route d’Aoi est quant à elle probablement la plus dure à lire tant elle aborde des thèmes très lourds. C’est à vous de voir sur quelle note vous voulez commencer et finir le jeu.
Personnages
Tsumori Nazuna (nom et prénom modifiable)

Malheureusement, son nom n’est pas prononcé pendant le jeu. Nazuna est une lycéenne sérieuse et cultivée. Elle est très intellectuelle et fait preuve de beaucoup d’introspection. Le jeu d’ailleurs comprend beaucoup de monologues qui font ressortir le côté réfléchi de l’héroïne. Elle aime étudier principalement parce qu’elle est satisfaite de voir ses efforts récompensés par de bonnes notes ; contrairement aux relations amoureuses qui peuvent comprendre des imprévus, chose qu’elle a appris à la dure lorsque son ancien petit ami l’a trompé. Elle est persuadée qu’étudier ne lui causera pas ce genre de déception et embrasse fièrement un style de vie ordinaire et modeste : tout le contraire de ce que prône de Date Club. Bien qu’elle ne soit pas totalement naïve, ça reste une fille plutôt douce et altruiste, avec un tempérament plutôt proactif. Nazuna n’hésite pas à imposer sa vision des choses. Elle se retrouve mêlée aux affaires du Date Club après que les membres de ce dernier ont monté au point une arnaque afin de lui faire payer des services qu’elle n’a pas demandés. Malheureusement pour Nazuna, les instigateurs sont issus de familles influentes et sont considérés comme « intouchables », même vis-à-vis du personnel enseignant. N’ayant pas les moyens de payant et refusant de céder au chantage, elle accepte de faire un pari avec les membres : celui de la séduire. Si elle tombe amoureuse d’un des membres, alors elle aura perdu… Le tout, avec son frère en otage qui est désormais contraint de participer aux activités du Date Club.
Yaehara Daria (CV: Saiga Mitsuki)

Non, vous ne rêvez pas, c’est bien unE love interest ! Et pas une très bonne amie. J’avoue que c’était ma raison de jouer au jeu ; ne sachant pas faire preuve de patience, j’ai donc fait sa route en premier ! Daria est une option saphique très typique des clichés yuri des anciens shoujo: une fille élégante, présentée comme androgyne, « plus gentleman que les hommes ». Du fait de son charisme et de ses allures de prince charmant, Daria a énormément d’admiratrices et n’a alors de ce fait pas volé sa place dans le Date Club. Elle fait aussi partie du club de théâtre et possède un véritable talent dans ce domaine, à l’instar de sa mère : une célèbre actrice. Malgré tout, Daria a aussi ses détracteurs. J’ai trouvé sa route d’assez bon ton, surtout venant d’un jeu sorti en 2013. C’est un personnage très intéressant. Ceci dit, je pense que c’est important de noter que la route ne présente pas une romance complètement wholesome. Elle met pas mal en avant les difficultés d’une relation homosexuelle dans un monde très traditionnel, ainsi que des problèmes de dépendance affective. Ce qui va de pair avec la thématique du jeu-même: le date club est un lieu où les élèves se libèrent de la pression et des règles puritaines. Même si dans le cas de Daria, il ne s’agirait sans doute que d’un nouveau masque qu’elle s’impose avant d’entreprendre des rapports sincères avec Nazuna. J’ai beaucoup aimé la thématique du jeu d’acteur dans cette route, qui est très parlante pour des personnages queers dans le placard. (Pour tout vous dire, le personnage mériterait un article entier, mais je vais m’arrêter là.)
Saionji Seri (CV: Kishio Daisuke)

Seri est un « jeune prodige » admis à l’académie malgré son jeune âge (14 ans). On se pas trop ce qu’il fait dans le date club mais bon pourquoi pas. Ce n’est pas un perso qui me tente beaucoup au premier abord. Même si j’aime beaucoup son attitude détachée et réfléchie, le chara design me rebute un peu (il fait très jeune pour un ado…); mais la route en elle-même était plutôt ok et surprenante. Malgré des moments assez rejet-core où le personnage masculin n’a que très peu de considération pour l’héroïne, l’ensemble devient vite assez touchant avec des retournements assez surprenants. Comme beaucoup de personnages, Seri est un jeune homme un peu perdu qui a du mal à trouver sa place. Sa relation avec Nazuna va donc lui permettre d’évoluer et d’aborder la vie sous un autre angle…à moins que ?
Fuji Reito (CV: Hirata Hiroaki)

Infirmier de l’école et membre du Date Club, la caution « agegap » du jeu. Pour tout vous dire, je m’attendais à bien pire en termes de route malsaine, mais l’histoire était plutôt chill. Même si Fuji reste assez déviant, surtout dans ses monologues, il dépasse assez rarement les limites avec Nazuna (surtout si vous vous aventurez dans la route Pure Love). Fuji est à la base, comme beaucoup de membres de Date Club, plus ou moins ouvertement misogyne : il ne croit pas en l’amour, ne fait pas confiance aux femmes et va volontairement essayer de décevoir Nazuna à plusieurs reprises. Même si pendant la route commune, il fait des allusions assez inappropriées, il essaiera quand même d’éloigner Nazuna de lui lorsque cette dernière tentera un rapprochement. Ses sentiments sont assez complexes et le personnage n’est pas vraiment montré comme étant malveillant, mais finit plutôt attiser la sympathie, voire la pitié de l’héroïne ; bien entendu sans trop en faire, car ça reste tout de même un adulte. Ce n’était pas ma route préférée, mais ça restait assez tranquille pour un thème aussi « problématique », d’autant plus que cette route permettait plutôt bien d’introduire notre champion suivant…
Kaneda Wabisuke (CV: Hino Satoshi)

« Rejet » et « grand frère » ça ne sonne pas toujours bien (à moins d’aimer spécifiquement ce genre de trope, on ne juge pas). Wabisuke est le grand frère de Nazuna, qui pour des raisons de coutumes familiales ne porte pas le même nom de famille que l’héroïne. Au début du jeu, Wabisuke n’a l’air que d’une victime de plus des plans du Date Club: contraint de devenir membre jusqu’à la fin du pari. C’est un grand frère assez sain d’apparence… Mais non. Même sans l’aspect inceste, Wabisuke est probablement le plus gros red flag. Est-ce que la route est mauvaise pour autant ? Ça dépend du point de vue. Personnellement, je lui accorde le mérite d’être très distrayante avec énormément de tension. Les bad endings sont aussi excellentes, je conseille vraiment de les faire. Quant à si c’est réellement de l’inceste ? <Spoilers>Non il ne sont pas liés par le sang, mais ça ne rend pas les choses plus saines sachant que Wabisuke avoue avoir développé des sentiments avant même de savoir qu’il n’était pas vraiment son frère… Bref.<Fin du spoil>
Kano Atsumori (CV: Takahashi Naozumi)

Cadet d’Aoi. Tout comme son frère, Atsumori jouit d’un certain pouvoir au sein de l’académie du fait de l’influence de la famille Kano. C’est un jeune homme prétentieux aux tendances sadiques qui aiment par-dessus tout dominer les femmes qu’il côtoie. Sa route comporte quelques scènes assez violentes psychologiquement pour l’héroïne… Mais aussi pour lui-même ! Avec cette route, j’ai été introduite à l’ambiance de la famille Kano et son environnement, qui explique grandement la vision tordue de l’amour et de la fidélité qu’ont les frères Kano. Cette route traite des rapports conflictuels entre Atsumori et sa famille, que ce soit sa mère ou Aoi et le rôle de Nazuna dans cette histoire va pas mal changer selon les fins ; tantôt médiatrice, tantôt complice, etc. On a même droit à une fin assez surprenante que je n’ai pas vu venir. <Spoilers>Un plan à 3 avec Aoi???<Fin du spoil>
Kano Aoi (CV: Terashima Takuma)

Route qui m’a pas mal plus malgré des dynamiques assez violentes. On peut dire qu’Aoi est beaucoup de choses ! La première chose qui saute aux yeux et qui le contraste vraiment avec l’héroïne : c’est qu’il est bête. Ouvertement inculte et extrêmement égoïste. Il est tellement bête qu’on se demande s’il a vraiment conscience du mal qu’il peut faire ou si ça ne lui traverse même pas l’esprit. Dans les autres routes, on peut voir Aoi abordé différentes attitudes, parfois plutôt bienveillant, parfois antagoniste selon où on se positionne. Cette route aborde des thèmes extrêmement lourds et graves qui nous font vite oublier avec le comique que pouvait présenter le personnage par ses airs ultra-exagérés. <Spoilers>En effet même si le suicide était déjà un thème présent dans certaines bad ends, il s’agit là de tout le fond de l’histoire d’Aoi, qui fera même une TS en plein milieu de sa route.<Fin du spoil>
Scénario
Je vous avoue que le jeu était un beaucoup plus gentil que ce à quoi je m’attendais. Même si la plupart des love interest sont quand même assez red flags, c’est loin d’être aussi violent et trash gratuitement que Diabolik Lovers. Gekka Ryouran ROMANCE offre une expérience un peu plus subtile, mais toujours dans l’ultra-dramatique. L’intrigue du jeu n’est pas vraiment des plus intéressantes : on se demande pourquoi Nazuna a été choisie comme cible et cette question trouve vaguement sa réponse au fil des routes ; mais finalement ce n’est pas sur ça que l’histoire se focalise. Le pourquoi du comment on s’en fiche un peu, l’important c’est comment l’héroïne : une fille studieuse que tout oppose à la philosophie hédoniste et scandaleuse du Date Club va interagir avec son nouvel entourage. Va-t-elle les mettre sur le droit chemin ou au contraire se laisser corrompre ? Les dynamiques entre les personnages vont s’avérer plus complexes et on ne sait pas toujours qui influence qui.
Malgré un scénario qui laisse à désirer, il faut reconnaître que le jeu a apporté un certain soin à son écriture. On est sur pas mal de monologues, autant de l’héroïne que des love interest; qui mettent en avant la psychologie des personnages, leurs conflits intérieurs et leurs évolutions… qu’elle soit positive ou négative. Vous l’auriez compris, c’est un jeu qui se concentre beaucoup plus sur l’aspect psychologique et relationnel que sur l’intrigue. C’est sans doute pour ça que, coté révélations, les plus grosses bombes sont lancées dans les bad endings.
J’ai parlé du fanservice des moments « black out », mais le jeu comprend aussi pas mal de sexe implicite. Rien n’est montré ceci dit, on reste sur un jeu CERO C; donc approprié pour une cible adolescente. Mais on a quand même quelques CGs assez fanservice, sans en abuser. J’étais d’ailleurs assez contente de voir que Daria n’y échappait pas et avait droit à autant d’attention que ses collègues masculins. (bravo la lesbienne)
Conclusion
C’est une expérience, on va dire. Je considère que la route de Daria en vaut vraiment le détour quant au reste… Est-ce que vous aimez rejet ? Personnellement, je n’ai pas regretté, c’était divertissant et il y avait une vibe, une ambiance assez particulière qui faisait le charme du jeu. C’est assez rare d’avoir des monologues d’Otome citant Nietzsche ou Sartre. Je vous avoue que la romance saphique a complètement été un plus pour moi, je ne suis pas sûre de savoir si mon expérience aurait été aussi positive sans la route de Daria. J’ai fait pas mal de comparaison avec Diabolik Lovers parce que les deux jeux ont un peu le même type d’énergie dans les routes les plus angsty; mais n’oublions pas que le jeu est sorti pus d’un an avant le premier opus de DL.
Scénario
Système
Graphismes
Sons
Note personnelle
Contenu
Balance intrigue/romance:
romance
Violence:
Modérée
Contenu sexuel:
suggestif