Oyé oyé j’ai enfin joué au jeu qui me tenait le plus à cœur depuis sa sortie japonaise: Bustafellows ! Jeu d’Extend sorti en 2019 au Japon simultanément sur Switch et Android/IOS et localisé en anglais par PQube Ltd en 2021. Il partage le même univers que Side Kicks! (jeu inconnu du public occidental)
Disclaimer: les développeurs ont donné des règles en ce qui concerne le partage du contenu. Afin de respecter au plus possible leur volonté de ne pas spoiler, toutes les illustrations de cet article; à l’exception d’un screen se déroulant au tout début du jeu; seront tirées des sites officiels japonais et anglais.
Synopsis
Bienvenue à New Sieg, Etats-Unis. Dans cette métropole pleine de vie, l' »avocat corrompu » Limbo Fitzgerald, connu pour innocenter n’importe qui du moment qu’il a les moyens; a un entretien. Son interlocuteur aux manières étrangement féminines lui présente la situation: sans cet entretien, Limbo serait mort à l’heure actuelle.
« Je vis « maintenant » comme une rediffusion; tu es mort une fois devant mes yeux. »
Traduction libre du synopsis officiel.
Prise en mains
Bustafellows c’est un jeu qui se présente comme une série télé typée « à l’américaine » avec une voix faisant l’introduction des chapitres en anglais. On y suit l’histoire de Teuta, une jeune journaliste possédant la capacité hors du commun de pouvoir revenir quelques moments en arrière dans le temps en empruntant le corps de quelqu’un d’autre. Capacité dont elle se sert au début de l’histoire pour sauver la vie de Limbo. Cette rencontre va devenir un déclencheur et mêler Teuta aux « fixers », un groupe de gens assez spéciaux dont Limbo fait partie qui règlent certaines situations trop délicates pour être confiées à la police. A partir de là, l’histoire suit son cours entre diverses affaires plus ou moins reliées entre elles.





Bustafellows est graphiquement largement un cran au dessus de la plupart des sorties actuelles (le marché étant actuellement presque entièrement monopolisé par Otomate qui est pas vraiment réputé pour le dynamisme de ses graphismes, on va pas se mentir). Dans ce jeu tout est très vivant: on a des sprites de dos, des fonds animés et tout un tas de détails qui rendent le tout beaucoup plus dynamique que ce dont on a l’habitude de voir. Ceci dit je n’ai pas trouvé les illustrations exemptes de défauts, certaines ont des articulations assez bizarres et je trouve pas l’anatomie toujours parfaite.

Le chara design est lui aussi très unique avec beaucoup de perso qui ont des colorations de cheveux très stylées. L’artiste Sumeragi Kohaku est à l’origine principalement versé dans les eroge ce qui se ressent sur certaines illustrations et chara design.
Univers
New Sieg est un décor inspiré de New York (qui l’eu cru) avec certaines problématiques comme l’immigration très inspirée des Etats-Unis. On reste cependant dans un univers purement fictif où la touche USA sert surtout d’esthétique tant certains problème disons « de société » restent en surface. C’est un univers plus inspiré des séries policières américaines que des vraies Etats-Unis de mon point de vue.
J’aime beaucoup le choix des prénoms: on a des noms assez réaliste pour un contexte occidental (Carmen, Luka, Adam, Magda etc…) et des prénoms beaucoup plus farfelus pour les personnages principaux (qui appelle son enfant Helvetica ?). Je trouve le choix beaucoup plus pertinent que ce qui a été fait dans Side Kicks (qui est censé se dérouler en Californie alors que tous les personnages ont des prénoms japonais écrit en katagana); mais ce n’est qu’un avis personnel: un choix reste un choix.
Personnages
Teuta (CV: Kondo Yui)

Son prénom est modifiable via le menu principal. Teuta est une jeune femme de 21 ans journaliste en freelance. Elle a une histoire familiale assez compliquée: son frère est mort dans des conditions assez obscures et elle espère pouvoir trouver des indices sur les raisons de son décès en exerçant sa profession dans la ville de New Sieg. Elle est passionnée par ce qu’elle fait même si elle peut manquer de confiance en elle quant à son travail. Elle a des soucis d’appartement qui sert de prétexte à la faire vivre en collocation avec le reste des personnages principaux mais c’est quelqu’un d’assez volontaire avec ses qualités et ses défauts. Sa capacité à revenir dans le temps n’est pas si infaillible: elle ne peux pas remonter trop longtemps en arrière et n’a aucun contrôle sur le corps dans lequel elle se retrouvera. Mais elle saura quand même faire preuve d’ingéniosité pour démêler certaines situations. Je dois dire que j’avais peur que son pouvoir soit trop « cheaté » et qu’il enlève tout le côté dramatique de certaines scènes; mais finalement ça a créé un autre type de pression: on sait que si elle ne fait rien x va se dérouler et on stresse de savoir comment elle va réussir à empêcher ça.
Limbo (CV: KENN)

Le fameux avocat connu pour innocenter n’importe qui offrant assez d’argent. Adulé comme un justicier pour certains, vu comme une crapule pour d’autres. Limbo est un personnage charismatique avec sa propre vision de la justice. Bien qu’il est d’office présenté comme peu orthodoxe, c’en est pas moins un personnage que j’ai trouvé foncièrement bienveillant et agréable. Il vient d’un milieu extrêmement privilégié comparé au reste du cast sans pour autant nous imposer trop lourdement un mythe de la Cendrillon moderne (quand l’héroïne défavorisée se fait « sauver » par le lead masculin super riche, pas de ça chez nous.) J’ai beaucoup aimé sa route et son alchimie avec Teuta: les deux personnages se complètent bien et s’influencent positivement. Leur relation avance de manière très naturelle et dans les deux sens.
Shuu (CV: Hosoya Yoshimasa)

Tueur à gage faisant partie des « fixers », Shuu est pour résumer un gros fumeur névrosé. Il s’est donné la mission d’exécuter tous les autres tueurs à gage de la ville nommés par la liste qu’a laissé son mentor et ne semble pas vraiment savoir quoi faire d’autre de sa vie. Il n’est pas plat pour autant et fait preuve de beaucoup d’esprit de camaraderie envers les autres fixers par moment. C’est un type attachant avec une route intéressante quoiqu’un peu clichées par moment. J’ai aussi trouvé ça très drôle le fait qu’on pouvait lui faire arrêter de fumer ou non et que ça modifiait légèrement certaines scènes.
Helvetica (CV: Yoshino Hiroyuki)

Chirurgien plasticien réputé membre des fixers et pratiquant le cross dressing si besoin. Helvetica est un peu l’archétype du dragueur manwhore du groupe. Bien que ce ne soit pas vraiment l’interprétation la plus correcte étant donné qui avoue lui même ne pas accorder tant d’importance que ça à ses relations avec les autres. Il jubile plus du fait d’être perçu comme attirant qu’il ne drague réellement, étant donné qu’il n’est pas intéressé aux premiers abords. Il juge l’apparence très importante et est très confiant. Je dois dire qu’au début le personnage me dégoutait un peu (+je le trouve pas spécialement beau??) mais sa route n’avait rien d’un calvaire et le personnage devient quand même assez attachant. On compatit beaucoup pour lui et son conflit intérieur.
Mozu (CV: Fukuyama Jun)

Médecin légiste du groupe, Mozu est le personnage calme et réservé. Il est un peu perçu comme un gars étrange par ses collègue de la morge à cause de son habitude de parler aux défunts. On pense qu’il est assez antipathique mais il n’en est rien: Mozu est en réalité assez sensible et prend soin de son entourage à sa manière (c’est même lui qui fait la cuisine pour tout le monde la plupart du temps.) Et il aime les animaux. Pour moi il est très clairement neuro-atypique je vais pas vous le cacher. C’est mon personnage préféré, je le trouve très sincère dans ses rapports avec l’héroïne. Je recommande de faire sa route en dernier, pour moi elle tease un peu certains éléments de la main story.
Scarecrow (CV: Shirai Yusuke)

Autre coup de cœur niveau personnage: le petit Crow-chan uwu !! Petit.. pas tant que ça, il a quand même un an de plus que l’héroïne et mesure 1m178 …. bref. Crow est le « boss de l’ombre » autoproclamé, c’est un hacker de génie très compétant même s’il semble assez immature socialement. Il ne sort pas très souvent de chez lui et communique surtout avec les autre personnage depuis leurs portables. Il aime bien se mettre en scène comme quelqu’un de très important, ce qui n’est pas tout à fait faut: les personnages vivent dans *sa* maison. Il a une attitude assez comique, et pourtant c’est le perso avec une des backstories les plus badantes.
Scénario
Derrière un décor assez pop, le jeu est quand même assez sérieux voire déprimant dans certaines des thématiques abordées. Même si j’aurais préféré que ce soit plus développés sur tous les problèmes de sociétés qui sont sensés représenter, en quelque sorte, « la toile de fond »; la thématique du deuil et de la recherche de sa propre version de la justice est bien là. Le jeu se permet aussi d’aborder avec un grand sérieux des sujets très graves. <Spoilers> Notamment le viol, qui est sous-entendu mais on devine la gravité et le traumatisme que ça représente pour la victime de part les dialogues et les voix. On comprend la difficulté de parler surtout quand son agresseur est une connaissance.<Fin du spoil>
Bien que les routes finissent avec les Side B sur des touches douces et réconfortantes, l’histoire principale qui se débloque ensuite semble beaucoup plus crue et anxiogène, avec des dénouement plus amers. On répond quand même à nos interrogations et le jeu propose un dénouement très touchant, de quoi verser sa petite larme.
Mais pas de panique: on a le droit une suite de short stories très sympa qui débloquent parfois de nouvelles illustrations. J’ai surtout aimé les short stories du point de vue du Love Interest; moi qui regrettais que Teuta n’ai pas tout le temps son sprite sur l’écran pour le coup j’étais servie ! On a aussi tout un système de mémoires à consulter avec des petites notes et le tout est vraiment super intuitif.
J’ai trouvé aussi le jeu très satisfaisant dans sa manière de gérer les relations entre les personnages, quelque soit la route. La partie commune est assez longue, plus que les routes personnages; mais permet de créer un attachement réaliste avec tout le cast. Du coup, quand on arrive sur une route exclusive rien ne semble forcé. Le jeu prend le temps d’instaurer une vraie dynamique de groupe avant de passer à la partie romance pure. Tous les personnages tiennent les uns aux autres même en dehors du spectre de la romance, ce que j’ai trouvé très réconfortant.

Même le cast secondaire n’est pas exclu. Tous les personnages ont l’air de faire partie d’un tout, ce qui est agréable mais aussi un peu déroutant car on se demande ce qui les a poussé dans le même cercle. (J’aimerais bien savoir comment Valérie et Carmen sont devenue meilleures amies alors qu’elles sont pas du tout du même milieu ?) Mais peut-être que ce sera plus développé dans le second volet (....que j’ai précommandé avec des goodies Mozu OUPS) Bien qu’elle vit avec ce dernier, Teuta n’es pas confinée avec son harem et est aussi entourée de personnes bienveillantes (ou…?) que ce soit ses amis d’enfances Luka et Adam (CV: Ishikawa Kaito, oui ça se note, c’est important) ou encore les gens qu’elles côtoie dans le cadre de son travail.
La romance quant à elle est très naturelle et réaliste. Les routes sont séparés en 2 parties: le Side A et le Side B, qui se débloque après avoir fini la route et vu la « happy end ». Le Side A est toute la partie intrigue lié au personnage, avec le rapprochement progressif entre le LI et l’héroïne et le Side B se concentre plus sur la romance de manière décontractée. Sauf quelques exceptions, le jeu aurait pu tout à fait tenir la route sans les Side B mais ça l’aurait peut-être rendu moins satisfaisant.
Conclusion
On est qu’en Avril mais je veux quand même dire que c’est pour le moment le meilleur jeu de mon année 2023. Je le trouve encore perfectible sur certains points mais il n’en reste pas moins excellent. Concernant la localisation, je n’ai pas de remarques à faire sur la qualité de la traduction mais je trouve ça dommage que les choix de romanisation des prénoms ne soient pas toujours maintenus (on passe de Zola à Zora sans aucune raison par exemple.) C’est une histoire très vibrante et dynamique, on ne s’ennuie pas et les évènements s’enchaînent de manière très fluide. Le jeu en soit n’est pas très long sans être court non plus (une trentaine d’heures pour un 100%). Je le trouve plutôt accessible pour les personnes qui ne sont pas forcément motivées à lire des Otome de plus de 50h. Bref on se retrouve dans quelques mois pour un review du deuxième volet eheh.
Scénario
Système
Graphismes
Sons
Note personnelle
Contenu
Balance intrigue/romance:
Juste milieu
Violence:
assez violent
Contenu sexuel:
leger
Une réflexion sur “Bustafellows, gros coup de cœur”