Dans ma frénésie d’achat compulsif de jeux localisés (j’ai beaucoup de retard), j’ai ajouté dans mon panier l’édition NA de Café Enchanté qui était en promotion sur playasia. Sorti en 2019 au Japon sous le nom de Gensou Kissa Enchanté (幻奏喫茶アンシャンテ), il fait parti des titres qui me sont passés sous le nez car sortis pendant une période où c’était compliqué d’acheter de nouveaux jeux pour moi. Côté écriture, on retrouve une partie de l’équipe de Code:Realize: Ninomae Joe à la direction, ainsi que Kojima Nao & Nakayama Satomi (Virche) au scénario. On a aussi d’autres scénaristes comme Sasaki Maro (Cendrillon palikA) et Yoshimura Ririka (Cupid Parasite), les illustrations sont de Yuuya qui décidément est devenue une des artistes phares d’Otomate.
Introduction
Suite à la mort de son grand-père, Awaki Kotone se voit confier son café au cœur de Tokyo. D’après les dernières volonté de ce dernier, c’est à elle de décider si elle souhaite reprendre le buisness ou le revendre. Sans trop savoir quoi faire, Kotone décid de s’y rendre pour jeter un œil. Mais alors qu’elle redécouvre le café de son enfance, Kotone tombe nez à nez avec des hommes très étranges se présentant comme « des clients venus d’un autre monde »…
Café Enchanté était à sa sortie une des premières exclusivités Switch d’Otomate; j’avoue que de base le jeu ne me hypait pas plus que ça. J’ai quand même décidé de le prendre après avoir entendu certains retours le qualifiant de « plus triste qu’il n’y parait »: ma corde sensible. Les crédits ne m’ont pas tant que ça amadouée: j’avais apprécié Code:Realize de manière assez modérée par rapport à ce qu’on m’avait vendu et donc, je ne m’attendais pas forcément à un chef-d’œuvre de la part d’une équipe quasiment similaire.
Pas de déception donc, en soit le jeu n’avait rien de spécialement mauvais et ça reste pour moi dans le haut du panier d’Otomate. Je trouve qu’il y avait une ambiance bien particulière, un charme singulier.

En regardant l’opening on pourrait penser à du slice of life x fantasy; et ça semblait être bien parti pour au début: l’héroïne reprend un café qui sert de point de ralliement à plusieurs êtres non-humains suite à quoi elle ne fait pas que découvrir d’autres mondes, mais apprend aussi à voir ce qui l’entoure différemment. Tout va en douceur mais Café Enchanté devient vite une aventure, à force de fréquenter ces personnages haut en couleur, Kotone devient de plus en plus impliquée dans des affaires beaucoup plus grandes que la simple gestion d’un café, des affaires avec leurs lot de drames.
On est sur un jeu qui suit une constructions assez similaire à C:R avec une longue route commune qui prend le temps d’explorer tous les personnages en surface avant d’entrer dans les routes individuelles. En ce qui concerne l’ordre celui conseillé est Canus ou Ignis > Rindo > Il > Mysr
Personnages
Awaki Kotone (prénom modifiable)

Jeune femme de 19 ans et nouvelle propriétaire du café « Enchanté ». Tout le début du jeu est centré sur son ressenti ce qui la rend franchement accessible et très relatable. Elle sort d’une très mauvaise expérience avec le monde du travail et est dans un premier temps extrêmement septique vis à vis des autres personnages qu’elle prend pour des fous cosplayés. Elle va quand même graduellement apprendre à les connaître et à endosser son rôle dans le café, si bien qu’à la fin de la route commune, elle considère tous les personnages principaux comme de précieux amis et réguliers qu’elle souhaite chérir et aider. J’avoue que j’ai eu un énorme coup de cœur pour elle au début du jeu même si malheureusement je la trouve un peu plus effacée par la suite. Mais ça reste un personnage adorable qu’on a envie de soutenir.
Mysir Rex (CV: Akabane Kenji)

Première personne qui fait la rencontre de Kotone au café en passant par le portail dans le sous-sol. Il se présente comme un ancien ami de Souan (le grand-père de Kotone) et ni plus ni moins que le Roi des démons en personne. C’est un personnage que j’ai vraiment trouvé amusant. Il a toujours quelque chose de drôle à dire et a une attitude très bienveillante avec les autres personnages: que ce soit Kotone ou Il. Même ses menaces envers Rindo cachent une amitié assez solide. Sa route ne se débloque qu’en dernier et bien qu’étant très fan du personnage, j’avoue avoir été laissée sur ma faim. J’ai l’impression que le jeu a considéré la romance avec Mysir comme acquise d’office et de ce fait, n’a pas vraiment essayé de mettre l’accent sur la façon dont les sentiments se sont développés. C’est comme si l’alchimie entre Kotone et Mysir repose entièrement sur un semblant de complicité construite au début du jeu ainsi que sur des éléments d’intrigues.
D’ailleurs j’ai utilisé la romanisation de la localisation anglophone mais la romanisation de son nom proposée par le site officiel d’Otomate est « Miser Rex », son nom en katagana est ミシェル・アレックス qui se dit littéralement comme « Michel Alex » j’ai beaucoup trop de questions….
Canus Espada (CV: Umehara Yuuichirou)

Le cavalier sans tête, littéralement. Autre régulier d’Enchanté, Canus est une fée originaire du monde Medio, c’est un chevalier au service de sa reine et ce statut représente une bonne partie de sa personnalité. Il est serviable et courtois; de ce fait il se fond étonnement bien dans le voisinage du café parmi les humains malgré son casque. Il est un peu perçu comme le type excentrique mais ultra-poli du coin. Sa route est une des premières qu’il est conseillé de faire et pour moi elle introduit plutôt bien la notion de la romance avec un non-humain et toutes les problématiques qui en découlent. La relation avec Kotone est pleine de rebondissement et de moments attendrissant; et malgré quelques facilité scénaristiques, j’ai vraiment apprécié sa route.
Il Fado de Rie (CV: Ishikawa Kaito)

Route qui se débloque avant celle de Mysir, Il est un ange déchu fan d’Otome Games dont l’autel dédié à Lupin et Cardia a de quoi rendre jaloux tout fan de Code:Realize. Malgré le fait qu’il soit parmi les plus âgés, c’est aussi celui le plus inapte à la vie dans le monde des humains. N’ayant pas vraiment conscience des normes et de l’étendu de ses capacité d’ange, il est interdit de sortir seul et c’est généralement à Mysir qu’incombe le rôle de le surveiller (c’est son daron je vous dis, son daron!!). Heureusement (?) Il passe la plupart de son temps dans la chambre qu’il a loué à Enchanté… Il est très maternée par son entourage comme s’il dégageait une aura qui pousse tout le monde à prendre soin de lui et c’est en se rapprochant de Kotone qu’il va tout faire inverser les rôles et devenir celui qui donne et non plus celui qui reçoit. La route est juste adorable et c’est probablement la meilleure du jeu en terme d’écriture.
Ignis Carbunculus (CV: Ono Yuuki)

Une autre route conseillée pour commencer: celle d’Ignis ! C’est un homme-loup venant du monde Bestia d’une vingtaine d’année, donc assez proche de l’héroïne. Dans son monde, il est tout simplement le plus fort. Il a beaucoup de tempérament et semble vite partir au quart de tour mais c’est le personnage lui plus « humain parmi les non-humain » en quelque sorte. Il a du mal à accepter la mort de Souan et à reconnaître Kotone, mais il fini par s’y faire et à s’attacher à elle. Leur rapprochement dans sa route se fait très naturellement et on s’implique assez facilement dans les problématiques qui suivent Ignis et son monde, même si l’intrigue était pas si bien ficelé que ça tant les personnages mettent du temps à percuter des éléments évident.
Kaoru Rindo (CV: Suwabe Jun’ichi)

Autre régulier d’Enchanté, Rindo est un agent du GPM: une organisation chargé de surveillé les activités liées aux non-humains. Il apparaît devant l’héroïne en lui mettant en garde du danger que peu représenter ces derniers, et ce même si à titre personnel il s’entend plutôt cordialement avec les non-humains d’Enchanté. Vous l’aurez remarqué à ses rides, mais Rindo n’est pas tout jeune: en effet le bougre a 42 ans (QUARANTE DEUX ANS?), on est sur un age gap assez rare et plutôt impressionnant il faut l’avouer. Je n’ai rien de spécial contre le personnage de Rindo, mais j’avoue avoir trouver sa route assez anti-climatique où les moments de tension ne font que de se dégonfler pendant une bonne partie. Du coup j’ai eu un peu de mal à m’investir dans sa relation avec Kotone. Relation qui d’ailleurs est moins creepy que je ne l’aurais cru; même si les problèmes liés à la différence d’âge sont quand même un peu trop vite balayés à mon gout.
Graphismes, musique & traduction
On est sur un jeu coloré avec une pointe de nostalgie et de drame, je pense que c’est la manière la plus simple de définir l’ambiance toute particulière de Café Enchanté. Les graphismes sont de très bonne facture même si faire un jeu sans lypsinc en big 2019 ça aurait du être interdit pour Otomate. C’est assez statique mais très jolie. Yuuya a comme à son habitude réussi à donner à ses illustrations pile le ton qu’il fallait pour coller à l’univers.


J’ai été moins emballée par les OST, malgré la présence de love solfege; mais ça , ce n’est qu’une question de gout.
Malheureusement, question localisation on peut pas dire qu’on a été chanceux…. Des fautes de grammaire voire même de frappe dans le texte ainsi que des choix de couleurs de police assez douteux qui font franchement mal aux yeux. On a aussi des inconsistances dans la traduction comme des personnages qui changent subitement de prénom (Vennia qui devient Venir pour ensuite revenir à Vennia…). J’ai trouvé la retranscription de la route d’Ignis assez.. bizarre ?
Scénario
Pour moi Café Enchanté est un jeu qui essaye d’induire son public en erreur en se faisant passer pour un slice of life mignon pour faire un virage plus sérieux et dramatique, et il réussit en partie ! Mais pas complètement… Dès le début de la route commune et pendant tout le temps de jeu avant d’atteindre la route de Mysir on nous tease une sorte d’antagoniste via des visions. A chaque fin de route un nouveau prologue se débloque pour en dévoiler un peu plus; mais finalement… « Tout ça pour ça ? » C’était un peu mon impression. Mais les drames étaient pas non plus complètement stériles et j’ai quand même lâcher mes meilleures larmes à certains moments. J’ai juste une impression d' »aurait pu mieux faire ».
Malgré une ambiance unique et des personnages très colorés, l’écriture du jeu n’est pas exempte de défauts. Je le reproche souvent aux jeux qui ont été écrit par plusieurs personnes mais on sent vraiment un décalage entre les routes. Pour ma part j’avais surtout l’impression que ça se répercutait sur le personnage de Kotone ainsi que la gestion de la romance. Ce n’est pas forcement un défaut en soit d’avoir plusieurs styles d’écriture dans un même jeu mais dans certains cas comme celui-ci je trouve ça un peu perturbant.
On note aussi plusieurs facilités scénaristiques, des éléments inexpliqués et un univers pas toujours très cohérent. Par exemple Vennia de Medio qui explique que les fées de son monde n’ont pas besoin de se reproduire et de ce fait n’ont pas de sexe ni de conception de genre (et que c’est pour ça qu’à titre personnel il s’en fiche d’être genré aux masculins ou féminin).. mais du coup comment on explique tous les autres personnages de Medio (Titania, Canus…) qui ont clairement un genre défini ?? Et d’autres détails du genre qui me rendent un peu perplexe. On est aussi sur une surexploitation de tropes déjà clichés qu’on retrouve d’une route à l’autre.
Conclusion
C’était très… Otomatesque ? J’ai bien enjoy tout de même et je ne regrette pas l’expérience; mais c’est pas un jeu que je qualifierai d’incontournable. C’est joli, les personnages sont vraiment des amours et l’ambiance est chouette mais pour moi ça s’arrête là. Le trope de la found family est aussi plutôt réconfortant si vous voulez tout savoir. Je ne me plains pas de la longue route commune MAIS…. ça aurait vraiment pas fait de mal une petite option « passer au choix suivant » je pense.
Scénario
Système
Graphismes
Sons
Note personnelle
Contenu
Balance intrigue/romance:
Intrigue
Violence:
Modérée
Contenu sexuel:
chaste