Chou no Doku, Hana no Kusari

Tout d’abord sorti sur PC en tant qu’Otome R18, ChouDoku s’est offert le luxe d’une adaptation censurée (sans les scènes H) sur PSP et PS Vita, puis sur Switch bien inévitablement. Il est aussi disponible sur mobile avec une localisation plus que douteuse dénuée des doublages mais on est pas là pour s’énerver: parlons plutôt du jeu en lui-même ! La version Switch va bientôt bénéficier d’un patch anglais sous le nom de « Butterfly’s Poison: Blood Chains »; mais les brides de traductions dévoilée ne présage franchement rien de bon si vous voulez mon avis.

BANGER
  1. Synopsis
  2. Concept
  3. Personnages
  4. Scénario
  5. Conclusion

Synopsis

L’histoire commence lors d’une soirée: celle organiser en l’honneur de Yuriko qui faite son anniversaire. Fille cadette d’une famille de la noblesse japonaise en plein déclin financier, Yuriko est plus qu’ennuyée par cette fête anormalement somptueuse compte tenu du peu d’argent qu’il reste à la famille pour maintenir son mode de vie. La raison de tout ces efforts: trouver un bon parti afin de renflouer les caisses. Clairement peu emballée par l’idée de se marier si jeune, Yuriko ne sera malheureusement pas au bout de ses malheurs lorsque la fête sera interrompu par des coups de feu… Elle qui vivait jusqu’à lors dans une cage doré va brusquement se rendre compte du funeste destin qui coule dans ses veines…

Concept

ChouDoku est réputé pour être assez populaire dans la (toute petite) communauté de joueuses.eurs otome R18, c’est aussi un jeu qui plait plutôt assez aux joueurs de galge/bishoujo games. Pour des raisons qui vont heureusement au delà des scènes de sexes assez particulières. Cette review ne parle que de la version console (donc, sans scènes H). C’est d’ailleurs cette version édulcorée qui fera l’objet d’une localisation en langue anglaise. J’ai vu les réactions Twitter des personnes offusquées par l’absence de la version R18 mais pour être tout à fait honnête; les scènes H de ChouDoku sont quand même assez particulières. Pour peu qu’on soit pas versées dans certains kinks ces scènes risqueraient plus de gâcher l’expérience d’une partie des joueuses plus qu’autre chose. Et puis tout le monde n’est pas forcément à l’aise avec le contenu R18. (Perso j’ai légèrement survolé la version H après avoir fini le jeu console et je regrette pas d’avoir procédé ainsi.). D’autant plus que je trouve que la « censure » dans les portages sont assez bien faite: le contenu explicite est retiré mais on en voit quand même suffisament. Après le mieux serait évidemment d’avoir le choix comme ça tout le monde est content. En CEROD (déconseillé -17 au Japon) le jeu reste pour un public averti pour ses références sexuelles mais surtout pour ses thèmes assez sombres (viol, prostitution, inceste...)

Images partagés par le site officiel et non-spoilantes

De ce que j’ai lu, pour beaucoup le style graphique rebute légèrement. C’est vrai qu’il fait légèrement dépassé sur les bords mais je trouve les illustrations plutôt soignées. La bande son est quant à elle d’assez bonne facture.

Personnages

Même s’il s’agit d’une version censurée les noms de seiyus seront notés sous leurs pseudonymes de travaux R18 conformément au site officiel de l’éditeur de la version console.

Nomiya Yuriko (nom et prénom changeables)

Yuriko est une de mes héroïnes préférées. C’est une jeune femme frustrée par les conventions sociales et par son amour à sens unique pour son jardinier (Majima). C’est assez rare d’avoir une héroïne d’Otome avec une quelconque expérience romantique. Elle a un caractère bien trempé à mi-chemin entre la demoiselle isolée et la rebelle casse-cou. Très curieuse, elle a conscience de son ignorance et cherchera à mieux comprendre le monde qui l’entoure, en dépit de son entourage qui cherchera à protéger son innocence à tout prix. Elle dégagerait naturellement une odeur de fleur de lys, ce qu’elle trouve embarrassant.

Shiba Jun’ichi (CV: Chasuke)

Homme d’affaire très influant né dans la misère. Il représente l’ascension sociale de la nouvelle bourgeoisie et se place donc à l’opposé de la famille Nomiya et leurs valeurs traditionnelles. Il a cependant ce dont les Nomiya manque cruellement: de l’argent. Il se présente à l’anniversaire de Yuriko où il la sauve d’un homme armé. Malheureusement notre héroïne va vite déchanter quand elle le verra le lendemain du drame la demander en mariage sans aucune explication valable, et ce en utilisant l’argent comme moyen de pression. Synonyme de masculinité toxique, Jun’ichi est prêt à tout pour épouser Yuriko quitte à ignorer les émotions de cette dernière. Pourtant c’est, sans rigoler, une de mes routes préférées. Il y a des rebondissements, on ne s’ennuie pas et le caractère explosif des deux personnages rendent leur alchimie assez intéressante.

Mizuhito (CV: Hirai Tatsuya)

Le «  » »grand-frère » » » sois-disant bâtard, né du père de famille et d’une servante (enfin c’est ce qu’on dit). Forcément, la mère de Yuriko ne l’a pas à la bonne, d’autant plus qu’il a un comportement d’apparence assez faignant: il dort toute la journée, va dans les maisons closes… Ce qui ne l’empêche pas d’être un bon frère pour Yuriko, soucieux de son bien-être et attentif à ses besoins. Franchement pour un siscon flag, ça aurait pu être beaucoup plus trash je remercie les scénaristes.

Majima Yoshiki (CV: Ooishi Keizou)

Le jardinier de la famille Nomiya et accessoirement le premier amour de Yuriko. Officiellement le personnage le plus complexe du jeu. Torturé jusqu’à l’os, il ne laisse rien paraître derrière un sourire froid. Dur de parler de lui sans spoiler, sa vie est juste une sacrée tragédie grecque. Et c’est pour ça qu’il sera bloqué au début, car sa route mettant la lumière sur pas mal de mystères.

Fujita Hitoshi (CV: Cyanosys Sandayuu)

Le majordome au service de la famille Nomiya. Souffrant souvent de discrimination dû à son métissage européen, il voue une loyauté sans faille envers ses employeurs qui l’ont gardé à leurs services malgré tout. Il était aussi le professeur de piano de Yuriko lorsqu’elle était plus jeune. Fujita est un personnage sensible, plutôt en retrait. Il n’ose pas vraiment attiré l’attention sur lui. C’est un peu mon coup de coeur en terme de personnages même si sa route n’était pas la plus palpitante.

Ozaki Hideo (CV: Suga Kiya)

L’ami d’enfance de l’héroïne (parce qu’il en fallait bien un.) Militaire passionné par les oiseaux, c’est un jeune homme sérieux cachant relativement bien ses sentiments pour Yuriko. Il est vraisemblablement promis à une autre demoiselle mais en tant que militaire, il ne prend pas vraiment cet engagement au sérieux.

Amami Kyouko (CV: Nekomi Ai)

Amie de la mère de Yuriko. Divorcée, elle vit avec son père et aurait un fils d’une dizaine d’année. C’est le personnage apportant le plus de réflexions progressistes. Ouvertement bisexuelle (ce qui est pas simple au Japon à l’époque), elle vit une sexualité débridée et refuse de se plier aux standards de passivité imposés à la femme. Sa « route » traite du traumatisme de viol et exploitent certaines facettes malsaines de l’héroïne, soyez donc accroché(e)s. Malheuresement, bien que sa route explore des traits de Yuriko assez inédits, c’est n’est pas une vraie route saphique et la relation entre Kyouko et l’héroïne reste dans le domaine de l’ambiguité.

Scénario

ChouDoku a selon moi tout à fait sa place dans les Otome historique tranche de vie. Outre son intrigue, c’est une véritable immersion dans les problématiques sociales du début de l’ère Taisho. Tous les personnages font situation d’une place particulière dans la société: Yuriko est une jeune fille privilégiée nés en moins victime d’un système traditionaliste qui lui interdit la liberté, Shiba fait parti de la nouvelle bourgeoisie ayant monté les échelons depuis les tréfonds de la misère, Majima et Fujita sont des « petites mains », Kyouko une riche divorcée (bien que son statut soit un peu flou) « libérée » mais toujours sujette aux commérages. Le rapport homme/femme est aussi assez important: tous les personnages masculins ont pour défaut de ne pas vouloir se montrer trop vulnérables alors que paradoxalement, c’est justement ça qui les éloignent du bonheur. C’est quelque chose de surtout flagrant avc le personnage de Shiba Jun’ichi: ce dernier n’établie de réelle connection avec l’héroïne qu’une fois son égo mis de côté.

« Je connais la pauvreté. Un tel Enfer que vous ne pourriez jamais imaginer. » (Jun’ichi)

Le jeu est une immersion dans les problématiques sociales de l’époque: la place de la femme dans la société, l’ouverture à l’occident, le déclin de la noblesse et la montée de la nouvelle brougeoisie (le capitalisme*kof*) etc. Le tout dans une ambiance assez tragique sans pour autant être versée dans le trash. C’est ce qui fait de ChouDoku un jeu très sombre à mon sens, c’est le réalisme apporté dans le traitement des personnages quand ceux si se trouvent dans des situations affreuses, parfois même complétement taboues.

L’intrigue quant à elle se veut tragique et tourne autours des notions d’amour interdit, d’innocence, culpabilité et vengeance. Yuriko va devoir investiguer pour découvrir qui en veut à sa famille et pourquoi, toute en relevant toutes les incohérences dans lesquelles elle a été bercée depuis l’enfance. Elle qui jusqu’à lors était l’apologie de l’innocence et de l’ignorance va devoir découvrir un monde sale, cruel et injuste dans sa quête de la vérité et surtout: de liberté. Une partie de la route commune consiste d’ailleurs à mettre des gros stops à Shiba Jun’ichi si c’est ce que vous voulez. Il y a d’ailleurs une route où Yuriko devient détective et investie de son côté; certaines fins où elle trouve un travail et prend son indépendance sans se lier avec aucun love interest.

Je tiens quand même à rappeler que ce jeu n’est définitivement pas pour tout le monde, même si vous jouez aux versions consoles qui ne sont pas R18 ! Certains thèmes sont choquants (TW: Inceste, un vrai même si ça ne concerne pas les persos auxquels on pense au début) et bien que jamais explicites graphiquement, les agressions sexuelles dont est victime l’héroïne n’en sont pas moins violentes. <Spoilers> Une des routes commence même suite à un viol par un personnage secondaire. <Fin du spoil.>

Conclusion

ChouDoku n’est pas un jeu très long mais l’écriture est extrèmement soignée et les thèmes abordés sont relativement ambitieux. Certains taboux sont traités assez justement, de manière tragique sans lentilles roses. Le jeu montre bien que tout n’est pas forcément à romantiser même si on éprouve de l’empathie pour les personnages et leur vécu. On est sur un titre assez unique qui présente à la fois une immersion dans le quotidien de l’ère Taisho et une enquète sur les honteux secrets de la famille Nomiya. Seule crainte: une localisation Switch qui risque de reprendre l’ancienne (et très mauvaise) traduction de Abracadabra. J’en ai des sueurs froides rien qu’en pensant au massacre de cette traduction anglaise.

Scénario

Note : 4 sur 5.

Système

Note : 3 sur 5.

Graphismes

Note : 4 sur 5.

Sons

Note : 5 sur 5.

Note personnelle

Note : 5 sur 5.

Contenu

Balance intrigue/romance:

plutôt romance

Violence:

assez violent

Contenu sexuel:

fort

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