The Second Reproduction est un jeu doujin de Heterodoxy faisant suite à son précédant titre, réputé mais désormais introuvable Queen of Darkness. Il s’agit par ailleur de mon tout premier Otome Game. Il est sorti il y a 10 ans se trouve être gratuit (facilement trouvable en anglais).
Comme il s’agit mon tout premier ce n’est pas sans nostalgie que je vais écrire ce post. Les screens seront issus de la version traduite en anglais pour faciliter la compréhension de tous.
Introduction
Un millénaire après la venue de la Reine de Ténèbres sur Terre, une guerre sans trêve entre humains et démons fait ravage. Le royaume d’Almenan, pilier de la lutte contre les démons, décide d’envoyer en mission sa troisième princesse: Christina, porteuse du titre de Champion. Cette dernière doit de ce fait s’infiltrer chez l’ennemi pour couper la tête de Gardis, actuel souverain des démons. Accompagnée de son fidèle chevalier Lezette, Chris entreprend donc son devoir. Mais hélas, arrivée devant son ennemi juré, la jeune femme est prise au piège par Gardis qui attache à Lezette un collier magique: si elle sort du royaume, il mourra. Incapable d’abandonner son meilleur ami, Chris se voit contrainte de rester dans la demeure de Gardis, vivant aux côtés des êtres qu’elle a massacré toute sa vie…
Le jeu a plus de 10 ans et même pour un jeu de l’époque, on va pas se mentir: c’est cheap. Les graphismes sont très moyens, les doublages partiels et souvent peu convaincants (quoiqu’on ai la chance d’avoir une héroïne doublée) et l’écriture est vraiment médiocre. La bande son presque inexistante même si le peu qu’on a se laisse écouter avec plaisir. Mais bon, il faut le replacer dans son contexte: Heterodoxy est un cercle de programmeur doujin à la base et ce jeu (court) sert surtout de tremplin à Queen of Darkness, leur autre titre prequel à The Second Reproduction. Mais Queen of Darkness, jeu d’abord sorti en R18 puis en version all age avec une mise à niveau des graphismes, est littéralement introuvable aujourd’hui et c’est The Second Reproduction qui a reçus le plus de reconnaissance, notamment auprès du public occidental du fait de sa gratuité.
Personnages
Christina Ranzaad (CV: Kotora Shion)

Demeure une des meilleures héroïnes que j’ai jamais vues malgré la médiocrité du jeu. Christina est une jeune fille de 18 ans forte et qui n’a pas froid aux yeux. Très fière, elle ne cessera de menacer Gardis en le maudissant malgré sa position de faiblesse. Elle méprise les démons du à son éducation et pense sincèrement agir pour le bien de l’humanité. En apprenant petit à petit à vivre avec ces derniers elle comprendra douloureusement la portée de ses actes et cherchera l’expiation. C’est à peu prêt le seul vrai bon personnage doté d’une évolution.
Gardis (CV: Sakato)

Gardis est le seigneur des démons. Présenté comme un roi bon se souciant de son peuple, il éprouvera un profond intérêt pour Christina dès leur première rencontre alors que cette dernière le défis à mort. Se disant intrigué par la rage dans le regard de l’héroïne, vous vous doutez bien qu’il s’agit là d’un bon gros coup de foudre. Le personnage était moins pire que ce que je pensais, alors qu’il avait TOUT du pervers, il s’avère en réalité faire preuve d’énormément de maturité et contribue à aider Chris à s’ouvrir l’esprit.
Lezette (CV: Sakurai Kazuma)

BEST BOY. Fidèle chevalier et meilleur ami de Chris, il décide de la suivre dans absolument toutes ses péripéties. Bien que profondément amoureux d’elle, il n’a pour seul but que de la servir sans rien espérer de plus. Bien que sa loyauté ne soit pas à remettre en question, il reste doté de libre arbitre. Sa romance est aussi très clairement ma préférée, sans doute parce qu’on a le droit à un cas rare d’héroïne qui prend nettement les devants.
Jin (CV: Nagi Kaiji)

Cette route est à considérer comme un extra, Jin étant le meilleur ami de Gardis ainsi que son ministre, il n’a pas de réelle importance dans l’histoire et cette route n’a pas vraiment d’intrigue autre que celle de faire avouer à Jin qu’il en pince sérieusement pour Chris. Sinon… J’aimerai l’EFFACER de ma mémoire, du jeu, de l’univers, de ce plan existentiel, car non: Jin n’est pas un personnage aimable à mon sens, sans compter que sa route commence par un rapport non-consenti avec une Chris alcoolisée.
Système
On va pas se mentir, malgré la médiocrité du plot le jeu propose quand même une partie assez interactive permettant de se balader en ville le soir venu. Chris a possibilité de remplir des quêtes (les !) formulés par les personnes qu’elle rencontre en achetant certains articles à partir du Round 2, où l’on peut aussi se faire de l’argent en allant au théâtre pour remplacer une des actrices. Le pubs servent à faire augmenter l’affection du LI, soit en lui parlant, soit en lui faisant des cadeaux (qu’on a acheté, parce que oui c’est nous qui raque). Les quêtes et les événements marqués d’un point d’exclamation ne sont pas à prendre à la légère car impossible d’obtenir une Happy End sans les achever.

Graphismes
La première fois que j’ai joué ça me semblait tout à fait acceptable, mes standards ont bien évolué entre temps. Bon, c’est pas horriblement moche non plus mais certaines CGs ont le mérite d’être assez particulières: des fonds quasi-inexistants et des proportions assez étranges: RPZ Christina minuscule dans les bras d’un Gardis immense, sans parler des torses anormalement longs.




Côté sprites on est sur quelque chose de passable mais assez inexpressifs: certes une palette d’expressions de visage mais des sprites uniques qui ne bougent pas. Parlant de sprites, la mère de Chris est le seul personnage secondaire à un avoir un.
Scénario
Donc, je l’ai déjà dit, mais en soit The Second Reproduction est plutôt mal-écrit, y a pas vraiment de grosses incohérences (sauf dans la version traduite qui contient quelques coques) mais y a quand même une bonne odeur de flemme sachant que toutes les routes ont le même but avec la même finalité, sauf peut-être pour Jin mais je vous ai déjà parlé de mon envie de faire comme s’il n’existait pas.
C’est effectivement de la dark-fantasy avec en soit, peu de réelles traces d’intrigue si ce n’est que de faire changer la vision du monde de l’héroïne qui apprend à passer outre son racisme anti-démon. Ne sachant plus trop où se positionner dans un conflit qu’elle comprend alors comme étant injuste, Chris aura aussi pour problématique de vivre une romance qui est tout simplement un amour interdit: Gardis est le roi qu’elle est censée tuer gouvernant un peuple qu’elle a passé sa vie à massacrer tandis que Lezette est de son côté son chevalier et doit en théorie, rester rien d’autre que son serviteur. Pour complexifier le tout s’ajoute plusieurs éléments fantastiques, notamment Chris qui se retrouve à voyager dans le temps quelques mois en arrière pour réparer certaines de ses erreurs et trouver des solutions. Je vous mentirai si je disais que je ne trouvais pas au scénario un certain potentiel, c’est bel et bien le cas. L’histoire en soit n’est pas mauvaise et le peu de plotwists qu’on a sont assez intéressants, notamment ceux de la route de Lezette (que je vous conseille de la faire après celle de Gardis du coup). Mais même en étant court j’ai réussis à m’ennuyer à certains passages, faut dire que le retours dans le passé n’aide absolument pas.
Concernant le fanservice…
Ce que je vous dis concerne plus le triangle amoureux Gardis x Chris x Lezette, qui est le centre des deux routes principales, Jin n’ayant très clairement aucun intérêt pour l’histoire. Alors pourquoi sa route existe ? Tout simplement pour le fanservice. Et le jeu sait y faire. Alors non, contrairement à son prédécesseur Queen of Darkness, The Second Reproduction n’est pas un R18 et ne présente de ce fait pas de scènes de sexes explicites avec tout le tralala. Mais faut quand même se le dire: y a du cul, on le sait. Les personnages en parlent et pratiquent. On nous manque pas de nous préciser que Chris est vierge et que son rang la pousse à le rester jusqu’au mariage bien qu’elle-même semble être plus « libérée », allant jusqu’à dire que c’est pas comme si elle allait en mourir. Malgré certaines scènes frôlant l’abus (bonjour Jin), ce sera quand même une des rares fois que vous verrez une héroïne ne pas rougir au moindre sous-entendu sexuel tout en les comprenant.

On reste cependant dans quelque chose d’assez fanservicieux, bien que nous soyons épargné de tout détails et qu’il est vrai que c’est dans le cas présent pas hyper dérangeant (sauf dans le cas de Jin… était-ce nécessaire ? Sans doute pas, comme toute sa route peut-être) car ne durant pas assez longtemps pour gêner l’histoire… Mais c’est quand même vachement présent et souligné, on peut se demander s’ils ont pas un soucis dans leurs braguettes à certains moments. Sont servis ceux qui voulaient être servis, mais pour les autres vous risquez d’être vite ennuyé. Tout est dans l’insinuation mais c’est limite si ça ne donne pas encore plus l’impression de jouer à un R18 censuré si c’est pour dire.
Conclusion
J’affectionne toujours autant Chris d’un amour sans nom et c’est le parfait exemple à renvoyer à la gueule des gens qui pensent que seules les « nouvelles » héroïnes d’Otome en valent la peine, y a toujours eu des héroïnes badass. A vrai dire l’affection que je porte à ce jeu du à la nostalgie me pousse à vouloir un jeu avec la même histoire, le même concept, les mêmes personnages (sauf Jin) mais en mieux écrit et approfondis et avec des doublages dignes de ce nom. Sans déconner Lezette n’est absolument pas crédible, Gardis a l’air de jouer un personnage jouant lui-même un autre personnage. Chris elle est passable. Il faut aussi comprendre que le doublage est partiel pour et que seuls les personnages principaux sont doublés, ce qui s’explique par le fait que c’est un doujin (jeu indé).
Scénario
Système
Graphismes
Sons
Note personnelle
Contenu
Balance intrigue/romance:
plutôt romance
Violence:
Modérée
Contenu sexuel:
fort