Nightshade, ascenseur émotionnel

Nightshade, ou beaucoup moins simplement Hyakka Hyakuro Sengoku Ninpou-Chou est un visual novel signé Red Entertaimment et Lantern Rooms publié par D3 Publisher sorti initialement sur PS Vita en 2016 puis sur Steam (PC) en 2017 en même temps que sa version traduite en anglais. Le projet est placé sous la direction d’Itou Ai qu’on retrouve aussi dans les Juuzaengi et Kenka Banchou Otome. Les illustrations sont de Teita et les musiques de MIKOTO, qu’on pourrait aussi appeler « Dieu vivant ».

EDIT: Le jeu fait notamment l’objet d’un portage sur Switch sorti depuis le 20 Décembre 2018. Il s’agit d’une sortie Japonaise mais la cartouche contient une version Anglaise et une version Chinoise.

  1. Synopsis
  2. Personnages
  3. Graphismes
  4. Scénario
  5. Conclusion

Synopsis

Nightshade se situe dans le japon de la fin du 16ème siècle, plus précieusement 17 ans après la clôture de la période Sengoku durant laquelle les troupes de Nobunaga ont décimé la plupart des clans shinobi, dont celui d’Iga. Les quelques survivants rescapés du massacre fut donc contraints de se mêler au village rival: Kôga. Un mariage fut alors célébré entre la fille du chef d’Iga et le chef de Kôga afin de symboliser et de durcir la cohabitation des deux populations, de cette union naquit Enju, symbole de paix.

Désormais âgée de 16 ans, Enju aspire à devenir une shinobi de talent capable de se rendre utile au village, au même titre que ses amis. Elle s’entraîne donc sans relâche malgré la surprotection de son entourage et notamment de Gekkamaru, son ami d’enfance et garde du corps. Un beau jour, Enju est convoquée par son père en même temps que ses amis: elle a enfin décroché sa première mission et se rend donc à Kyô (capitale du Japon de l’époque) pour prouver sa valeur aux côtés des autres. Malheureusement, le destin est cruel et Enju se retrouvera prise au piège par une conspiration mettant en jeu son village entier.

Désormais accusée et traquée pour un crime qu’elle n’a pas commis, Enju va apprendre douloureusement en quoi consiste la vie de shinobi…

Personnages

Ueno Enju (prénom changeable)

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Son nom par défaut est prononcéJe ne dirai pas qu’Ueno Enju est la meilleure héroïne de tous les temps parce que c’est sûrement faux et il y a des héroïnes bien plus badass, c’est vrai. N’est-il que ça ne change rien au fait qu’Enju demeure une héroïne très appréciable dans l’ensemble. C’est quelqu’un de volontaire, une fille qui veut se rendre utile et répondre aux attentes de son entourage mais surtout prouver à son village et plus précisément à son père qu’elle est plus que capable d’aider. Enfin elle aimerait, faut dire qu’à cause du fait qu’elle n’ait jusqu’à lors jamais été choisie pour partir en mission, Enju souffre au début d’un manque de confiance en elle crucial… Et pourtant ! La Common Route nous montre que OUI: Enju a des compétences, elle n’a vraisemblablement pas de véritable raison d’être à la traîne mais les différentes situations dans laquelle elle est ne lui donnent pas forcément la chance de montrer sa valeur, ce que je trouve assez dommage vu le potentiel de cette héroïne. La route d’Hanzô était de loin la meilleure en terme de développement du personnage, suivit de celle de Gekkamaru même si elles sont axées assez différemment.

C’est une jeune fille qui a longtemps idéalisé le métier de shinobi à cause de son éducation, elle sait qu’elle a toujours voulu être une grande shinobi mais ce n’est que lors de ses mésaventures qu’elle comprendra réellement ce que cela implique. Enju est en réalité beaucoup trop humaine pour faire ce métier, malgré une maîtrise certaine de ses armes et du combat, elle ne peut pas se résoudre à tuer ou être tuée au tout début du jeu. Ce qui rendra les dilemme qui vont suivre beaucoup plus dramatique car Enju devra quoi qu’il arrive et quelque soit les routes faire un choix: sa vie ou celle d’un autre ? La loyauté envers son village ou sa propre survie ? Le cheminement de pensées d’Enju varie légèrement selon les routes, mais la finalité reste globalement la même.

Gekkamaru (CV: Hatano Wataru)

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Gekkamaru est assigné à la protection d’Enju depuis le plus jeune âge, à vrai dire ce rôle lui avait déjà été attribué à la naissance même de cette dernière (alors que lui n’avait que 3 ans), sa loyauté envers elle est sans faille. Gekkamaru ne se pose pas de question concernant son devoir: même s’il porte le titre de shinobi de Kôga, la sécurité d’Enju passe avant tout. Peu importe la route, il demeure de son côté. Il entretient avec elle des rapports de maître à serviteur assez flous. Etant donné qu’ils ont grandis ensemble, Enju semble plus le considérer comme son ami d’enfance. Il est surprotecteur et n’hésite pas à gêner certains entraînements de la jeune fille par peur qu’elle ne se blesse. Obnubilé par l’idée de l’éloigner de tout danger, il n’est pas toujours à l’écoute des sentiments d’Enju qui ne demande qu’à se rendre utile au village. Cette dernière affirmera expressément vouloir voir Gekkamaru comme un confrère et non pas comme son garde du corps pendant la mission à Kyô. Cette route est la canon, mais aussi la plus dramatique de toutes. La relation entre Enju et Gekkamaru évolue de façon plutôt bien ficelée et le plotwist amené assez subtilement pour être étonnant.

Gekkamaru a beau sembler exaspérant par moment, sa loyauté pour Enju le rend étonnamment attachant. Je regrette juste que cette loyauté définisse 80% du personnage, qui finalement, ne nous dévoile un peu plus qu’à certains rares moments de sa route. Un manque de profondeur qui fait cruellement défaut quand on entrevoit son potentiel.

Kuroyuki (CV: Shimono Hiro)

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Kuroyuki est le petit frère de Gekkamaru, ayant lui aussi grandi avec Enju après que leur famille (à lui et Gekkamaru) se soit fait détruire. Il se vante d’ailleurs assez souvent d’avoir été nourrit par le même lait qu’Enju étant bébé. Il a cependant quitté le village de Kôga il y a 8 ans sous les ordres du chef pour une mission secrète. Il retrouve ses connaissances lors du voyage pour Kyô, se rajoutant au groupe. 8 ans se sont écoulés depuis la dernière fois où il a vu Enju mais il se comporte avec elle toujours aussi familièrement, au grand dam de Gekkamaru.  Cette route est tragique et sombre si on s’attache au personnage de Kuroyuki, en effet le jeune homme a une véritable obsession pour Enju et tient par dessus tout à ce qu’elle reste à ses côtés. On est très proche de yandere mais j’aimerais sincèrement qu’on arrête de coller l’étiquette de monstre à n’importe quel personnage qui aurait ne serait-ce qu’un tout petit traumatisme engendrant un problème de possessivité. Le personnage tourne autours d’une notion de dépendance de Kuroyuki vis à vis d’Enju et non l’inverse: Kuroyuki a besoin de se sentir essentiel aux yeux d’Enju, ce qui n’est fondamentalement pas le cas et ça, il le sait lui-même. De ce fait, Kuroyuki aurait effectivement une emprise relativement malsaine sur la jeune fille, mais de façon beaucoup plus édulcorée que ce qu’on a l’habitude de voir, la route étant assez basée sur l’aspect psychologique du personnage.

Et les effets du spirit de Kuroyuki au combat sont sans doute les plus stylées.

Momochi Choujirou (CV: Toriumi Kousuke)

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Chôjirô est le cousin mais aussi le mentor d’Enju, c’est lui qui prend en charge son entraînement. Du fait de son statut de plus puissant shinobi de tout Kôga, Enju le respecte et l’admire depuis la plus tendre enfance. Vétéran du combat, il sait mieux que quiconque en quoi consiste la vie d’un shinobi et n’hésite pas à exécuter les ordres tels qu’ils soient. Chôjirô devient vite un véritable modèle pour Enju, aussi bien mentalement qu’en ce qui concerne ses aptitudes au combat. Originaire d’Iga, il a assisté très jeune à la destruction de son clan, ce qui explique sa dévotion envers Kôga, il ne veut plus rien perdre. Cette route sans doute celle dont le drame est le mieux mis en avant et le développement de la relation entre Enju et Chôjirô est un véritable assesseur émotionnel. Nos deux héros seront soumis aux mêmes problématiques mais chacun de l’autre côté du miroir, tellement similaires que tout semble les opposer puis les rapprocher.

Hattori Hanzou (CV: Tsuda Kenjirou)

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Je me suis surprise à faire d’Hanzou mon best boy parce que de tous les personnages, c’est celui qui tire le plus Enju vers le haut, mais une partie de moi reste assez inconfortable en vue de son âge: il a 33 ans, l’héroïne en a 16 (On va dire que c’était une autre époque).

Hanzou est le leader des shinobi de Tokugawa. Réputé pour sa loyauté sans faille et sa férocité au combat, il est reconnu à la capitale comme étant LE plus puissant shinobi de tous les temps. Chargé en secret d’assurer la sécurité d’Enju alors que cette dernière sert de bouc-émissaire, il ne fera pas que la protéger mais contribuera à la rendre plus forte et plus indépendante. C’est ce qui fait de sa route la meilleure en terme d’évolution du personnage d’Enju: elle passe d’une shinobi novice certes compétentes mais dont le manque de confiance en elle fait défaut, à une véritable combattante badass accomplie se battant pour sa vie et pour ce qu’elle croit juste à sa façon. Malgré leur différence d’âge, Enju et Hanzô forment un excellent duo que ce soit sur le champ de bataille ou dans la vie: ils se donnent chacun ce qu’il leur manque et apprennent ensemble à chérir leurs propres vies.

Pour la petite information: de tout le harem, Hanzou est un des rares personnage ayant vraiment existé dans l’Histoire du Japon. (page wiki)

Ishikawa Goemon (CV: Midorikawa Hikaru)

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Goemon n’est autre qu’un célèbre voleur réputé imprenable… Qu’Enju met joyeusement derrière les barreaux lors de la common route. Se présentant d’abord devant la jeune fille sous la fausse identité de Goro, un libertin. C’est un peu le Robin des Bois du Japon féodale, à l’origine shinobi, il laisse derrière lui la servitude pour vivre librement en utilisant ses techniques dans le but de voler les nobles de la capitale. Enju lui tape un peu dans l’œil dès le début mais ce n’est qu’après s’être fait attrapé par cette dernière que son intérêt grandi réellement. D’un naturel assez jovial, Goemon semble très léger en premier abord mais sa légèreté permet en premier temps à l’héroïne de relâcher la pression qui pèse sur elle. Bien sûr, Goemon s’avère plus profond qu’il n’y paraît mais cette route demeure à mon sens la plus tranquille. Gare toute fois aux douches froides et à l’ascenseur émotionnel, Nithshade est assez doué pour ça.

Au même titre qu’Hanzou, il y a bel et bien eu un bandit du nom d’Ishikawa Goemon dans l’Histoire du Japon. (page wiki)

Graphismes

Le style de Teita que je connaissais pourtant assez minimaliste est ici exploité à son avantage de donne des illustrations très jolies sans vrais défauts apparents. Les sprites sont quant à eux très dynamiques et c’est tout ce qu’on attendait pour une histoire de ninja qui se tapent sur la gueule.

Scénario

On lit l’histoire la plupart du temps au travers du regard d’Enju, une shinobi certes assez talentueuse, mais complètement novice qui entre dans le monde des adultes et qui commence alors à réellement comprendre les enjeux qu’implique être shinobi. C’est quelque chose de presque sacré pour elle mais elle n’est pas encore parfaitement « shinobi » quand on commence le jeu: elle aspire à le devenir mais va vite déchanter en prenant conscience de la froideur du métier. En effet, il s’agit là d’un métier de l’ombre dans lequel la vie humaine n’a pas réellement d’importance et les sentiments n’ont pas leur place. Pour un shinobi, la mission et la loyauté passe avant tout, c’est une règle d’or à laquelle la plupart des personnages se doivent d’obéir afin de maintenir l’ordre. Plaçant ainsi certains dilemmes: faudrait-il abandonner sa vie ou celle de quelqu’un qu’on aime par loyauté ? Faudrait-il tuer quiconque se met en travers de sa mission, même ses amis ? Faut-il vraiment tuer une vie pour sauver tout un village ? « Oui » est la réponse attendu de la part d’un véritable shinobi, et pourtant ce n’est pas un choix fait d’avance. La plupart des personnages, à commencer par Enju seront pris de doutes. Qui gagnera de l’instinct de survie ou du sens du devoir ?

Même si ça devrait couler de source pour chaque shinobi présents, qu’ils soient de Kôga ou non, tous n’ont pas le même rapport à leur servitude et à leur propre vie. Certains comme Choujirou et Hanzou et se suffisent à se dire que la mission prime sur tout, d’autres comme Kyara et Ennosuke (les meilleurs amis d’Enju et de Gekkamaru) regardent un plus loin et agissent pour tout simplement protéger leur foyer, comme s’ils leur fallait une raison plus sentimentale pour obéir aveuglement. Kuroyuki et Goemon sont de leur côté plus libres et n’accordent pas d’importance au devoir du moment qu’ils réussissent leurs buts, quant à Gekkamaru il se considère comme appartenant à Enju et se place donc automatiquement de son côté même si cela va à l’encontre du village. Cette multiplicités des rapports au devoir n’est pas sans rappeler le magnifique Ken ga Kimi. Même si Nightshade est nettement moins subtil par bien des abords il a tout de même le mérite d’amener à une certaine réflexion sur la valeur de la vie, même si quelque peu superficielle selon les routes.

Conclusion

J’ADORE. LES. JEUX. AVEC. DES. FAITS. HISTORIQUES. DEDANS. OMG.
Oui, Nightshade est loin d’être le meilleur jeu de l’année, en effet je l’ai pas trouvé super subtil et fourni, et c’est vrai que le côté dramatique peut perdre son effet en amenant à l’overdose dans certaines routes (sauf si vous pleurez extrêmement facilement, comme moi), que même si toutes les routes n’abordent pas les choses du même angle, ça reste l’histoire d’une fille qui court pour sa vie.  Mais ce jeu reste très appréciable, c’était fun malgré les larmes. Des graphismes de toute beauté et une façon de rendre les moments de combats intensivement épiques ! Je vous jure, c’est qu’un Visual Novel et pourtant j’étais à fond, j’étais même en train d’applaudir devant mon écran à certains passages ! La narration est passable, certains passages semblaient cependant nettement plus soignés que d’autres. La romance est de manière générale assez bien gérée, malgré le manque de développement de certains personnages. Je conseille énormément ce jeu autours de moi pour les gens qui veulent se lancer (ou non) dans les Otome parce que c’est pas tous les jours qu’on est face à quelque chose qui lie de la sorte l’épique et le romantique, tout amenant certaines réflexions sans pour autant les rendre trop prises de tête.

Scénario

Note : 3 sur 5.

Système

Note : 3 sur 5.

Graphismes

Note : 5 sur 5.

Sons

Note : 3 sur 5.

Note personnelle

Note : 4 sur 5.

Contenu

Balance intrigue/romance:

Juste milieu

Violence:

assez violent

Contenu sexuel:

leger

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2 réflexions sur “Nightshade, ascenseur émotionnel

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